• Emetophobe et enceinte

     

     

    J'ai beaucoup hésité avant d'écrire ce billet.

    Parce que même si l'émétophobie est très rependue, elle n'en reste pas moins peu connue du grand public.

    Pire, elle est très peu comprise.

    Et pour cause, avoir "peur de vomir", ça peut sembler futile, voire anodin.

    Combien de fois n'ai-je pas entendu : "Ah ouiiiii, moi aussi j'ai ça! J'aime vraiment pas vomir c'est vraiment dégueu!".

    Euuuh non, on s'est mal compris. Personne n'aime vomir. On est bien d'accord. Moi ce n'est pas que je n'aime pas ça, c'est que ça me TERRORISE. 

    La peur est viscérale et incontrôlable.

    Elle est là, terrée au fond de moi, depuis que je suis toute petite. Elle me contraint à éviter toutes les situations susceptibles de me donner la nausée. Les fêtes trop arrosées n'ont jamais fait partie de mon adolescence. Tout comme les fêtes foraines et leurs manèges déjantés. Oubliés aussi les transports en commun dans lesquels la nausée est susceptible de me surprendre. J'appréhende l'hiver et sa gastro-entérite depuis que je suis en mesure de mettre un nom sur ce virus. Les anti-vomitifs sont dans mon sac à main, que je ne quitte jamais. Si vous voulez m'éviter, dites-moi que vous vous sentez mal, et je vous fuis comme la peste. 

    Vous l'aurez compris. Cette phobie me contrôle, depuis des années. 

    Ce n'est pas un simple dégoût, ce n'est pas une simple peur, c'est une véritable phobie. Et elle ne s'adresse pas qu'à ma propre personne. Voir un étranger vomir me provoque la même terreur que si c'était moi.

    Les signes corporels sont d'ailleurs infaillibles : suées, tachycardie, fuite à grandes enjambées (si possible), boule dans la gorge et crises d'angoisses..

    Vous me prenez pour une folle?

    Détrompez-vous. Je suis parfaitement normale. Cette phobie n'est sans doute que l'expression que mon esprit a trouvé pour surmonter un traumatisme enfantin (faudrait d'ailleurs que je m'y penche un jour - car jusqu'à aujourd'hui, je n'en ai pas encore trouvé la cause).

    Quoi qu'il en soit, l'émétophobie fait partie de mon quotidien depuis que j'ai 5 ans. 

    Hasard ou non, mon dernier dégeulis remonte à mes 6 ans (notez que je m'en souviens).

    22 années donc que je n'ai plus vomi (et ça m'arrange, évidemment).

     

    Oui mais voilà. 

    Vous vous en doutez. Qui dit grossesse dit "petits maux de grossesse" dit "vomito party".

    Je le savais avant de vouloir un enfant. Je le savais quand j'essayais d'avoir un enfant.

    J'appréhendais, même, en espérant secrètement que j'échapperais à ce symptôme de grossesse.

    Et maintenant que je suis enfin enceinte, je dois y faire face.

    Face à ma phobie au quotidien.

    Jusqu'à présent, je dois dire que je n'ai pas à me plaindre.

    Quelques nausées en fin de journée, barbouillée et dégoûtée par à peu près tout.

    Mais je gère. Je reste calme. Je respire. En me disant que ça ira mieux bientôt.

    Je n'en suis qu'à 8 sa. J'ai conscience que je ne suis pas tirée d'affaire.

    Mais chaque jour qui passe sans vomito avec Jean-Félix dans mon bidou est pour moi une victoire et un soulagement.

    Peut-être ne serais-je pas confrontée au vomito pendant cette grossesse.

    Peut-être pas.

    Quoi qu'il en soit, ce n'est que le début de la confrontation.

    Car il serait très étonnant que Jean-Félix ne nous fasse pas, un jour ou l'autre, une petite gerbouille, qu'il faudra que je gère seule, comme une grande!

     


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    Echo 2 # 8 sa + 3

     

     19 mm et son petit cœur bat la chamade.

    Jean-Félix va bien.

    Il est parfait.

    Nous voilà rassurés, Monsieur Chéri et moi.

    Prochaine écho dans 1 mois.

    Nous serons alors à un peu plus de 12 sa.

    Si j'avais pu, je serai restée 30 minutes avec cette sonde à l'intérieur de moi pour le voir plus longuement.

    Malheureusement, ça n'a duré qu'une trentaine de secondes.

    Même pas le temps de le réaliser.

    Heureusement, j'ai les échos à contempler.

    Encore et encore...

     

     


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    Infidelité

     

     

    Avant, le Nutella et moi, on était inséparables.

    Au petit déj, en dessert, au goûter ou avant d'aller me coucher, je pouvais compter sur lui.

    Sur une tranche de pain ou, encore mieux, sur mon doigt, on ne se quittait pas.

    Mais depuis quelques jours, le chocolat et mon estomac ne s'entendent plus.

    C'est la guerre. Et c'est toujours mon estomac qui gagne.

    De fait, j'ai été contrainte et forcée de ranger mon meilleur ami au fond d'une armoire.

    Et je lui ai trouvé une remplaçante qui plaise à Jean-Félix.

    Au petit déj, au goûter, en dessert ou avant d'aller me coucher,

    ma nouvelle amie la banane ne me quitte plus.

    Elle est certes moins sexy que le chocolat, mais au moins elle me permet de dormir la nuit.

    Je tenterais bien une entourloupe, style banana split, mais je crains que mon estomac ne se laisse pas duper.

     

    En pot, chaud, froid, dans un biscuit ou dans des céréales, j'ai pourtant tout essayé.

    Y a rien à faire, le chocolat et moi, c'est le divorce. 

    Jean-Félix a choisi sa nouvelle compagne, et même si il est encore loin d'être majeur et vacciné, il semble que je n'ai pas mon mot à dire.

     

    Bienvenue à toi, symptôme de grossesse! 

     

    PS : J'aurais pu écrire exactement le même article avec les frites, la viande grasse et tout ce qui a été cuit dans du beurre ou de l'huile... Jean-Félix aime manger équilibré.. A mon plus grand désespoir!


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  • Dédicace à Jean-Félix

     

     

    Des mois durant nous t'avons attendu

    Nous t'avons désiré et imaginé

     

    Nous t'avons trouvé un surnom

    Peut-être en espérant secrètement que ça t'inciterait à venir plus vite

     

    Tu as pris ton temps

    Tu nous as appris la patience avant même d'exister

     

    Les doutes se sont parfois immiscés

    Mais nous n'avons jamais cessé de t'attendre et de t'espérer

     

    Aujourd'hui tu es là 

    Plus seulement dans nos rêves et nos espoirs

     

    Tu vis et grandis à l'intérieur de moi

    Et nous si sommes fiers de t'avoir

     

    Tu es entré dans nos cœurs 

    Aujourd'hui et pour toujours

     

    Nous ne serons probablement pas de parfaits parents

    Mais nos cœurs entiers te sont dédiés

     

    Ton bonheur sera le nôtre

    Demain et jusqu'à ce que nous ne soyons plus

     

    A toi notre Jean-Félix

    Que nous aimons déjà plus que tout 

     

     

    Papa et maman

     

     

     

     

     


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    Quand ton Jean-Félix tarde à venir se loger dans ton utérus et que l'impatience et les questionnements prennent le pas sur l'excitation, tu passes rapidement du statut de novice à celui d'expert en "essais bébé".

    Une courbe de température devient plus facile à interpréter qu'un tableau de conversion niveau CE2.

    Calculer une date d'ovulation en fonction de la durée d'un cycle (le tien ou celui d'une copine) devient un jeu d'enfant.

    Tu connais les promotions en cours sur le web pour l'achat des TO et des TG (dont la notice n'a plus aucun intérêt - tu la connais par cœur depuis longtemps).

    Dans ton agenda, en début d'année, tu ne notes plus seulement les anniversaires de tes proches, mais les dates présumées de tes futures menstruations.

    Les abréviations TG, TO, CT, PMA, IAC, DPO, FIV, LH, FSH & co n'ont plus aucun secret pour toi.

    Ton esprit est rempli de dates, de deadlines et de calculs. Il est passé en mode "essais bébé".

    En bref, tu finis par devenir une experte dans le domaine. Tu aides les novices avec plaisir (tout en te disant que si la fille en question elle ne connait pas ça - la base de la base - c'est que, la chanceuse, elle n'essaie pas depuis longtemps).

     

    Et puis vient le moment que tu as attendu et espéré en vain depuis trop longtemps.

    La deuxième barre apparaît.

    Tu ne t'y attendais plus. Et voilà qu'elle se pointe.

     

    Et voilà comment, d'une seconde à l'autre, tu passes du statut d'experte en "essais bébé" à celui de novice en "future maman".

    Cette vie, qui était devenue une succession de cycles et de DPO, s'évanouit.

    Tu n'évolues plus dans le même espace-temps. C'est le vide. Complet. Le trou noir.

    En un instant, tout s'est arrêté. Comme une horloge dont la grande aiguille se stoppe définitivement.

    Tu reprends ton souffle. Celui que tu retiens depuis des mois ou des années. Enfin. Et tu redémarre l'horloge.

     

    Tu redeviens novice. Car tu entres enfin dans cet "autre monde", cet espace inconnu où tes abréviations ne te sont plus d'aucune utilité.

    Il va te falloir en apprendre de nouvelles. Apprendre à compter différemment. A vivre différemment.

    Nouveau corps, nouvelles interprétations à décoder, nouvelle vie.

     

    J'y plonge avec délectation, mais non sans appréhension.

    Il me reste 8 mois pour m'y faire.

    Le compte à rebours à commencé.

     

    J - Jean-Félix : 228 

     

     

     

     

     


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