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    Parler d'autre chose que du RGO de ma fille m'est difficile.

    Normal, mes journées sont rythmées par les crises... Ces remontées acides invisibles mais pourtant bien réelles qui brûlent l’œsophage et l'estomac de ma boulette.

    Arf si je pouvais les attraper ! Je les ferais disparaître à jamais (non sans leur avoir fait la peau auparavant).

    Bon. Impossible évidemment. Mais c'est beau de rêver.

    Bref. Passons. Parler d'autre chose me fera le plus grand bien et me permettra de m'évader un peu (j'ai bien le droit d'être un peu égoïste sur mon blog non ?).

     

    Je profite que ma fille soit calme, dans les bras de son pôpa (dont le moral vient de remonter en flèche suite au goal des français - oui nous subissons Tess et moi la Coupe d'Europe) pour écrire un peu.

    Tess a bientôt 2 mois (et 8 semaines aujourd'hui).

    Ces semaines sont passées à une vitesse effroyable. 

    Et je suis partagée entre l'impression de ne pas avoir profité suffisamment de ma fille durant ce temps (faute au RGO évidemment) et l'envie que les semaines suivantes passent vite car au plus le temps passe au plus le reflux et les coliques s'estomperont.

    Ma fille est une perle. Beaucoup de mamans de bébés RGO doivent penser la même chose, mais je suis certaine que Tess serait un bébé calme et adorable si sa courte vie n'était pas rythmée par ces crises de douleurs récurrentes.

    Car lors de ses moments de calme (heureusement de plus en plus longs et de plus en plus réguliers - entendons-nous tout est relatif), elle est si éveillée. Tellement expressive. Si paisible. 

    Et, ce qui ne gâche rien, elle est tellement jolie.

    Là aussi vous allez me dire que toutes les mamans pensent cela de leur enfant (et heureusement d'ailleurs), mais je vous assure que lorsque son petit visage n'est pas déformé par la douleur, elle pourrait être engagée pour être la protagoniste d'une publicité de couches.

    Ses traits sont fins et délicats. Sa petitesse la rend fragile et craquante. Ses mimiques sont adorables. Ses expressions sont à bouffer.

    Vous l'aurez compris, je suis bel et bien amoureuse de ma fille.

    Aujourd'hui, et à jamais.

    (Fin d'article un peu bâclé je le concède, mais mon devoir de mamandebébéquipleureàcausedesonrefluxdemerde m'appelle)


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  • Pas à pas

     

     

    Comme un voeux qu'on ne dit pas à haute voix en soufflant ses bougies d'anniversaire de peur qu'il ne se réalise, j'ai peur d'écrire que je constate quelques améliorations chez ma fille de peur de revenir en arrière.

    Et pourtant, les choses semblent aller vers un mieux, petit à petit (de fait, mon moral aussi).

    Pour la premières fois, ces deux derniers jours, ma fille a sourit.

    Pour la première fois, elle a eu quelques moments de calme et j'ai pu la poser dans son transat quelques minutes.

    Pour la première fois, j'ai pu lui donner son bain sans hurlement.

    Pour la première fois, je l'ai vu téter calmement, parce qu'elle avait faim, et non parce qu'elle avait mal.

    Pour la première fois, elle a dormi 3 heures d'affilée la nuit dernière sans se réveiller en hurlant.

    Certes elle souffre encore. Je la vois ravaler l'acide qui lui monte en bouche. Elle pleure encore après la tétée, mais elle n'hurle plus de douleur.

    Rien n'est gagné avec le RGO. Jamais. Je le sais.

    Mais je ne peux m'empêcher d'espérer que ces améliorations vont perdurer au moins un petit peu.

     Car je n'ai jamais été aussi heureuse depuis que ma fille est née.

    Parce que pour la première fois, je l'ai vu sereine, apaisée. Même si ça ne dure pas des heures, ça dure au moins quelques minutes.

    Et sentir que son enfant ne souffre plus (ou moins), ça vaut tout l'or du monde.

     

     


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  • Bébé RGO et épuisement maternel

     

     

    Non je ne suis pas morte (quoi que).

    A l'heure où j'écris ces quelques lignes, je suis seule. Sans ma fille.

    Pour la première fois depuis 7 semaines, j'ai confié ma Boulette (c'est son nouveau surnom, car malgré le RGO, elle grossit bien) pour quelques heures.

    La culpabilité me ronge depuis que je l'ai laissée et m'empêche de fermer l'oeil (alors que c'était le but de la manœuvre).

    Mais je n'ai plus le choix. Car je suis en train de m'écrouler totalement.

    Après avoir passé plusieurs jours seule à pleurer dans mon canapé, ma fille pendue à mon sein. Après 7 semaines à la voir hurler de douleur, même en dormant. Après 7 semaines à s'accrocher à l'espoir que le nouveau traitement fonctionne. Après 7 semaines à l'avoir dans mes bras, 24h/24, à ne pas pouvoir la poser, à dormir avec elle sur mon ventre (dormir étant un grand mot). Après tout ce temps à voir ma fille souffrir sans savoir rien faire d'autre pour la soulager que de lui donner le sein...

    Je craque. Je sens que je suis au bord de la dépression.

    J'arrive au bout de mes ressources physiques (39 kilos au compteur - jamais plus de 2 heures de sommeil d'afilées quand les nuits sont bonnes) et mentales.

    A plusieurs reprises, j'ai failli pousser la porte des urgences de l'hôpital, pour demander une hospitalisation, pour elle comme pour moi.

    Mais j'ai tenu bon. Pour ma fille. Pour mon mari. Parce qu'il s'inquiète pour moi. Parce qu'il a peur que je craque et que lui se sent impuissant.

    Mais hier, je me suis sentie au bord du précipice. Un précipice dont j'aurais probablement beaucoup de mal à sortir s'il m'arrivait d'y tomber.

    J'ai alors contacté Miss Converses (rappelez-vous, la psy que j'avais consulté pour mes problèmes d'infertilité) afin d'obtenir un rdv en urgence, et j'ai fait appel à ma belle-mère pour garder un peu ma fille ce matin. 

    Je ne suis pas sûre que ces premiers appels à l'aide vont m'empêcher de sombrer. Mais en tout cas j'essaie. Je fais mon maximum pour tenir encore un peu.

    Nous avons rdv chez un pédiatre gastro-entérologue demain (notre pédiatre ne sachant plus quel traitement donner à ma fille pour la soulager, il nous a conseillé un confrère).

    Je m'attends à des examens invasifs. Je m'attends à ce que la route soit encore longue. Je ne m'attends plus à un traitement miracle.

    Mais j'espère un moment de répit. Quelques jours, mêmes quelques heures seront les bienvenues.

    Car je n'arrive plus à supporter cette souffrance. Je regarde ma fille et je vois son reflux. J'ai peur pour elle. Je commence à angoisser d'être seule avec elle. A devoir gérer tout cela seule ou presque, comme je le fais depuis sa naissance.

    Je continue malgré tout le régime d'éviction APLV même si celui-ci puise dans mes dernières réserves. Je me suis rendue compte, après une semaine à ne manger que des pâtes et du poulet, que ma pilule progestative contenait du lactose. Je me suis écroulée. J'ai mis ma pilule dans un coin, et je continue. Je ferais n'importe quoi pour que sa souffrance cesse enfin.

    Je vais maintenant aller retrouver ma fille. Revenir dans mon appartement qui commence à me sortir par les yeux. Ma prison. Ma cage dont je n'ose plus sortir de peur que les hurlements reprennent.

    Je tiens debout car malgré tout, à certains moments, une bouffée d'espoir m'envahit. Les choses vont forcément s'arranger un jour ou l'autre. Mais d'ici là, je dois continuer à vivre ce cauchemar. A être présente pour ma fille qui en a cruellement besoin et qui n'est responsable de rien.

    Tomber enceinte a été un combat.

    Ma grossesse et son épisode MAP ont été un combat.

    Mais ce RGO est le plus gros combat auquel je n'ai jamais été confrontée.

    J'ai gagné les deux premiers.

    Et je compte bien gagner le dernier.

     

     


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  • Des hauts et beaucoup de bas

     

     

     

    Des hauts et des bas (plus de bas que de hauts d'ailleurs).

    Voici comment je définirais l'état de la Boulette, et par corrélation, mon état physique et moral.

    Chaque jour, au réveil, en regardant ma fille chercher avidement mon sein pour soulager sa faim (mais surtout son reflux), je sens une bouffée d'espoir m'envahir : encore un jour passé. Peut-être que celui qui vient sera meilleur que le précédent.

    Parfois j'ai raison, parfois, c'est pire.

    Et pourtant, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour améliorer la situation.

    J'ai débuté depuis lundi un régime strict d'éviction de protéines de lait de vache, dans le cas où la cause du RGO de Tess serait d'origine allergique. C'est dur mais je m'y tiens.

    D'autre part, depuis mardi, nous avons débuter le Losec ( en sachant qu'elle était déja sous Oméoprazole depuis presque 2 semaines).

    Je sais qu'il faut du temps pour constater les effets, que ce soit du régime ou du traitement.

    Mais croyez-moi, 6 semaines avec un bébé RGO, et chaque minute de hurlement de douleur supplémentaire vous paraît durer une éternité.

    Certes il y a quelques moments calmes. Malheureusement, ils ne durent jamais plus d'une dizaine de minutes, à raison de deux ou trois fois par jour.

    Lors de ces rares moments, au lieu de profiter de ma fille, je profite de disposer de mes deux bras pour manger, boire, me doucher, la changer ou ranger un peu, le tout en me dépêchant car je sais que mes minutes sont comptées

    Aucun réel moment de répit donc.

    Un jour, ça ira mieux.

    C'est bien la seule pensée qui me fait tenir le coup, jour après jour.

     


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  • Devenir maman

     

    Etre maman, c'est un bouleversement. Physique mais aussi émotionnel. C'est s'oublier quelques temps, pour se consacrer entièrement à la meilleure chose que tu n'aies jamais accomplie ; son bébé.

    Démonstration.

     

    Etre maman, c'est faire passer tes besoins primaires (manger, boire, faire pipi, te laver, te brosser le dents, faire l'amour - attention, liste non exhaustive pouvant varier très fortement selon les mamans) après ceux de ton choupiot (qui sont, grosso modo les mêmes - exception faite des dents et de la libido).

    Etre maman, c'est dormir autant le jour que la nuit (c'est-à-dire très peu).

    Etre maman (allaitante), c'est te trimbaler les seins à moitié découverts toute la journée.

    Etre maman, c'est aller à l'épicerie du coin et te rendre compte à moitié chemin que ton haut est jonché de traces de vomi et de lait caillé, mais de passer outre, et de continuer ton chemin.

    Etre maman, c'est pouvoir passer 3h00 à bercer ton tout petit pour qu'il s'endorme, et de recommencer 10 minutes plus tard, parce que tu as eu le malheur de croire qu'un lit douillet était plus confortable que tes bras.

    Etre maman, c'est reconsidérer tes anciennes priorités, qui paraissent bien fades depuis l'arrivée de ton petit moi.

    Etre maman, c'est te réveiller plusieurs fois la nuit simplement pour t'assurer que ton bébé respire (en plus des fois où c'est lui qui te réveille parce qu'il a faim/fais popo/vomi/a mal à cause de son reflux (au choix).

    Etre maman, c'est apprendre à dormir assise avec ton enfant dans les bras parce que ton choupiot à toi a la malchance d'avoir un reflux qui le fait crier encore plus fort si par mégarde tu le couches à l'horizontale.

    Etre maman, c'est aussi faire 300 km en voiture la nuit pour tenter d'endormir ton bébé.

    Etre maman, c'est t'émerveiller devant une ébauche de sourire (même si en fait, celle-ci n'était que le prémisse d'une grimace annonçant la prochaine crise de larmes).

    Etre maman, c'est aussi féliciter son bébé quand il fait un prout ou un gros cacou (non, ne me dites pas que je suis la seule !).

    Etre maman, c'est manger sur le pouce, entre deux tétées, parce que la priorité, ce n'est plus d'assouvir ta faim mais la sienne.

    Etre maman, c'est être responsable d'un autre, dont la vie dépend de toi (et ça c'est quand même flippant !).

    Etre maman, c'est devenir pote avec le pharmacien du coin, à force de voir sa tronche 4 fois par semaine.

    Etre maman, c'est épuisant mais réellement exaltant.

     


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