• Silence, ça pousse ! 

     

     

    4 mois et 25 jours et voilà que la Boulette est occupée à nous sortir sa première dent.

    Comme d'habitude, elle ne fait pas les choses à moitié.

    Les deux incisives du bas semblent se battre en duel à qui va sortir la première.

    Maman elle est toujours occupée à tenter d'essuyer (le menton, les fringues, le sol, j'en passe) les conséquences de cette poussée dentaire.

    La Boulette bave comme un escargot. 

    La Boulette est encore plus grognon que d'habitude (oui c'est possible).

    La Boulette dort encore moins que d'habitude (et oui, ça aussi c'est possible).

    Et le reflux est de retour (malheureusement, ça je savais que c'était possible).

    J'aurais bien aimé qu'elle attende d'avoir 6 mois, comme la majorité des bébés, histoire d'avoir quelques semaines de répit.

    Mais on ne choisi pas.

    La Boulette sort ses dents. Et maman serre les siennes !

     

     


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  • Envie d'un enfant ? Conception, grossesse et fertilité

     

    Il y a quelques mois encore, je faisais partie de ces femmes dont le désir d’enfant était devenu si intense qu’il dictait mes faits et gestes quotidiens. Ce désir est profondément ancré chez certaines ou au contraire survient presque du jour au lendemain chez d’autres, mais une chose est sûre ; il devient pour nous toutes une obsession s’il n’est pas rapidement assouvi. 

     

    1. S'informer

    Or, la première chose à accepter (et je parle en connaissance de cause) est que la conception, et plus globalement la fertilité, ne sont pas des données maîtrisables (même si c’est de moins en moins le cas de la part du corps médical). Quelle que soit l’intensité du désir d’enfant, il ne s’agit pas de vouloir pour parvenir. Et c’est là, selon moi, la règle de base lorsqu’on se lance dans cette grande aventure qu’est la conception et la grossesse. Ce créneau, que chacune devrait avoir dans un recoin de son esprit, je l’ai acquis au fur et à mesure du temps, à force de lire des témoignages de femmes ne parvenant pas à avoir d’enfant, à force d’essayer, à force d’échouer aussi.

    Or, ces deux ans d’essai interminables auraient été bien plus faciles à vivre pour moi si j’avais tenu cette ligne de conduite dès le départ.

    Dans cette optique, se renseigner sur la fertilité et la conception avant même de débuter les « essais » me semble essentiel, et ce aussi bien pour celles qui auront la chance de tomber enceinte rapidement que pour celles, comme moi, qui devront faire preuve de patience ou devront envisager de se faire aider par le corps médical pour devenir parent.

    N’hésitez pas également à consulter votre gynécologue qui pourra vous conseiller au mieux lorsque vous envisager une grossesse.

     

    2. Et si ça ne marche pas ?

    La plupart du temps, c’est alors que les mois passent et que le test de grossesse reste désespéramment blanc que nous chercherons alors des informations, du soutien (moral et matériel) afin de parvenir à tomber enceinte.

    Pour ma part, courbes de température, tests d’ovulation et visites chez le médecin ont fait partie de mon quotidien pendant plusieurs mois. Mettre toutes les chances de mon côté, tel était mon objectif.

    Malgré tous mes efforts cependant, je n’étais toujours pas enceinte. Je me suis alors tournée vers la PMA (procréation médicalement assistée) pour avoir mon enfant. Je sais, pour avoir beaucoup discuté avec des femmes qui comme moi rencontraient des difficultés, qu’il n’est pas toujours facile de franchir les portes d’un centre PMA. Et pour cause, faire appel au corps médical pour parvenir à réaliser ce qui est supposé être la chose la plus naturelle au monde, c’est matérialiser son problème d’infertilité. C’est accepter cette différence et cette étape n’est pas toujours évidente à franchir.

    Et pourtant, en entrant dans ce monde de la procréation médicalement assistée, force est de se rendre compte que les problèmes de conception concernent un nombre non négligeable de couples.

    Vous trouverez en PMA non seulement une aide concrète provenant de spécialistes pour vous aider à concevoir (IAC, FIV), mais rencontrerez aussi d’autres futures mères en difficultés. Dans ce parcours, le soutien, les échanges (réels ou virtuels) sont essentiels. N’hésitez pas à rechercher des témoignages, à écouter ou lire les parcours d’autres femmes qui comme vous ont dû passer par la case PMA pour concrétiser leur envie d’enfant.

    Seule, et sans informations ni soutien, ce parcours du combattant est encore plus lourd à réaliser. Faites-vous aider, tel est le deuxième conseil essentiel que je puisse vous donner au vu de ma petite expérience.

     

    Que vous envisagiez de faire un enfant ou que vous rencontriez des difficultés pour concevoir, renseignez-vous et surtout, ne restez pas seul ! S’informer sur la conception, rechercher du soutien, des chiffres clés sur la fertilité, c’est ce que propose notamment le site Envie d'un enfant. Vous y trouverez une foule d’informations pour mieux vous préparer à cette grande aventure qu’est la conception d’un enfant, mais également des témoignages de spécialistes de la santé et de couples et maman.


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  • Roulé-boulé

     

     

    "Votre fille est hyper tonique et très active, elle est merveilleuse" dixit le pédiatre il y a quelques jours.

    Pour le côté hyper tonique, il nous l'avait déja dit alors qu'elle n'avait pas 2 mois. Et elle continue sur sa lancée.

    Quant au côté merveilleux, je ne peux qu'approuver parce que je suis sa mère, mais s'il devait passer ses nuits avec la Boulette, il ravalerait peut-être son compliment.

    Alors ne vous méprenez pas ! Je préfère avoir ma Boulette et son hyper activité plutôt qu'un bébé apathique (quoi que, pour dormir un peu, ce serait pas mal, des fois...).

    Je me régale de ses progrès, jour après jour.

    Âgée de quelques semaines à peine, la Boulette tenait sa tête.

    A 4 mois, la Boulette se retourne (dos ventre/ventre dos).

    Et la Boulette, une fois sur son ventre, râle au bout de 3 minutes car elle n'arrive pas à avancer.

    Alors, elle secoue ses petites jambes et ses bras dans tous les sens (jusqu'à en arriver à la position "phoque") pour se mouvoir.

    Pas de bol, elle n'y arrive pas encore.

    Vivement qu'elle y parvienne, ça fera déjà une cause de couinements mécontents en moins !

    La Boulette, à 5 mois, sait se tenir assise quelques minutes, en s'appuyant sur ses petites mains (elle ne se tient pas encore droite).

    Selon notre pédiatre, elle marchera probablement avant l'âge d'1 an.

    Et je l'avoue, j'ai hâte !

    La Boulette, en plus de son tonus musculaire à toute épreuve, possède également de solides cordes vocales.

    Non, pour une fois je ne parle pas de ses hurlements, mais de son babillage intempestif.

    Car oui, lorsqu'elle est d'humeur, la Boulette parle, parle, parle, et ne s'arrête plus (comme la belle-mère).

    Et ne croyez pas qu'elle s'adresse toujours à quelqu'un.

    Non. C'est bien lorsqu'elle ne nous voit pas qu'elle bavarde le plus.

    Ainsi, lorsque je la laisse quelques minutes dans notre lit le matin pour me préparer, pas la peine d'aller la voir toutes les 6 secondes pour s'assurer qu'elle se porte bien.

    Je l'entends causer de l'autre côté de l'appartement, et ça me suffit pour savoir combien de temps "libre" il me reste encore.

    Car les bavardages deviennent des gémissements mécontents lorsque la Boulette s'impatiente (puis des hurlements, mais je ne reviendrai pas sur ce côté obscur de la Boulette).

     

    Bref, ma Boulette est une boule d'énergie.

    Et nous fonctionnons comme des vases communicants : le sien se rempli tandis que le mien se vide.

    Mon bébé est merveilleux. Merveilleusement épuisant.

     

     

     

     

     


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  • Laisser pleurer son bébé pour qu'il s'endorme seul : J'ai testé... et échoué

     

     

    Parce que je n'en peux plus de me coucher à 19 heures avec la Boulette

    Parce qu'elle ne s'est jamais endormie qu'au sein

    Parce qu'une fois endormie contre moi, je ne peux plus bouger un orteil faute de quoi elle se réveille

    Parce que ça fait 4 mois que je n'ai plus passé une seule soirée avec le Chéri

    Parce que je pensais que ça allait l'aider à ne plus se réveiller 10 fois par nuit

    Parce qu'il est temps qu'elle dorme dans son petit lit à côté du nôtre et non pas collée à maman

     

    Pour toutes ces raisons (et bien d'autres), j'ai laissé pleurer (un peu) mon bébé pour qu'il trouve le sommeil seul.

    Cette idée (farfelue selon certaines), induite par notre pédiatre (un brin old-school), était la dernière que je voulais mettre en pratique. Non seulement parce que j'avais peur que la Boulette souffre d'abandonnite, mais aussi parce que les hurlements de la Boulette, je les entends déjà beaucoup en journée, alors le soir en plus, c'était un défi supplémentaire.

    Et pourtant, parce que je n'en peux tout simplement plus de lui donner le sein matin, midi, après-midi, soir et nuit pour qu'elle trouve (parfois) le sommeil pendant 30 minutes, je l'ai fait.

    Alors, non, je n'ai pas pratiqué la fameuse 5-10-15. C'était tout simplement hors de mes compétences et en-dehors de ma vision. Je l'ai disons tourné à ma sauce.

    J'ai profité de la semaine de congé du Chéri (oui, j'avais besoin de soutien) pour débuter l'opération "La Boulette s'endort sans le sein". Et nous avons mis, papa et moi, en route notre plan d'attaque.

    D'abord, un rituel bien rôdé (ce qui est déjà plutôt difficile à mettre en oeuvre avec la Boulette) : massages, bain, petite berceuse chantée par papa et maman, et bisous, puis dodo.

    Enfin, le "dodo", ça, c'était dans nos rêves.

    Car la Boulette, 9 fois sur 10, pleurait déjà avant même qu'on la pose dans son lit.

    Nous quittions ensuite la chambre doucement, non sans lui avoir chuchoté que nous l'aimions, que nous n'étions pas loin, et un tout petit "à tout à l'heure".

    Et nous attendions ensuite, en entendant notre Boulette hurler... Une minute, deux minutes... Puis, tour à tour, nous retournions la voir pour tenter de la calmer...

    A chaque fois que j'y allais (toutes les 4 minutes donc), je lui chantonnais une petite chanson, je carressais doucement son petit visage pour tenter de faire taire ses hurlements. Je lui parlais, la rassurais (mais je me demande même si elle m'entendait, elle hurlait tellement fort...).

    Au bout de deux heures de ce petit manège et d'allers-retours incessants, la Boulette, épuisée, finissait par fermer ses yeux, le tout en serrant très fort ma main contre son petit visage pour respirer mon odeur...

    Et tout ça... Pour se réveiller une vingtaines de minutes après, en hurlant bien sûr.

    Je n'avais alors, vous le comprendrez, ni la force ni le courage de recommencer à tenter de l'endormir de la même façon, et finissait par lui donner le sein (car mine de rien, hurler, ça donne soif). La Boulette se rendormait alors dans les 3 minutes, enfin apaisée et rassurée.

    Nous avons, le Chéri et moi, persévéré, nous sommes acharnés à répéter, inlassablement, ce manège le soir, et aussi parfois la journée pour les siestes, pendant une grosse semaine.

    Et puis, à bouts de force, et constatant que malgré tous nos efforts, la Boulette hurlait toujours et ne s'endormait pas plus facilement, nous avons fini par abandonner lâchement.

    Je suis retournée donc à ma bonne vieille méthode du sein, matin, midi, soir et nuit.

    La Boulette n'hurle donc plus pour s'endormir, elle tétouille, parfois une ou deux heures durant, pour trouver le sommeil. Elle se réveille ensuite de manière anarchique toute la nuit, toutes les heures, deux heures ou trois (quand j'ai de la chance), et recherche à nouveau le sein pour se rendormir à nouveau.

    La Boulette a un besoin intense de contact (le contact de sa maman, évidemment) pour s'endormir. La voir et l'entendre hurler à transpirer comme un veau et à en devenir rouge pivoine a été une expérience horrible pour mon coeur de maman, surtout sachant que lui donner mon sein pouvait l'apaiser. Je me suis battue contre moi-même pour lui refuser. Je me suis battue contre le besoin intense de ma fille, pensant l'aider elle, et me soulager moi-même.

    Malgré tout je ne regrette pas d'avoir essayé. Car, je dois l'avouer, je suis à bout. Je suis épuisée. Je me devais d'au moins tenter quelque chose pour améliorer nos nuits, à elle et à moi.

    Mais j'ai échoué. Cette méthode ne convient manifestement pas à ma fille (ni à moi).

    Je me retrouve donc au point de départ. Je sais qu'il n'existe pas de méthode miracle pour que ma fille fasse ses nuits du jour au lendemain ou pour qu'elle s'endorme sans ma présence. Malgré tout, si vous avez des conseils qui puissent m'aider, nous aider, je suis bien entendu preneuse (pour info, j'ai lu la méthode Panteley, et j'en suis toujours à la première étape qui consiste à enlever doucement le sein avant que bébé s'endorme... sans succès). 

     

     

     

     

     


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  • Bébé RGO, APLV et Babi... Témoignage d'une maman épuisée

     

     

    Après un temps d'attente interminable, un parcours en PMA et une grossesse en MAP, je donne enfin naissance à mon premier enfant, le 1er mai 2016.

    Je pensais alors que le plus dur était derrière moi. Il était en réalité à venir.

    Trois jours sa naissance, ma fille commence à hurler. De jour comme de nuit, rien ne semble l'apaiser. Je suis encore à la maternité, et les sage-femmes me parlent des coliques du nourrisson.

    Une fois rentrées à la maison, les hurlements continuent. J'allaite ma fille, et commence dès lors les tisanes au fenouil et évite les produits susceptibles de provoquer des coliques. Je pratique les massages qui m'ont été montré à la maternité. Je tente les bouillottes, l'écharpe de portage, l'eau de chaux, l'homéopathie et tout ce qui est susceptible de l'apaiser. Rien y fait.

    Les hurlements continuent, et, si possible, empirent. 

    Ma fille se réveille toutes les 30 minutes la nuit, s'endort au sein la journée par périodes de 10 minutes seulement, puis se remet à pleurer de plus belle.

    Je ne peux la poser. Jamais. Je ne dors quasiment pas.

    Je recherche de l'aide auprès d'une conseillère en allaitement. Je vais voir notre pédiatre afin de trouver un moyen d'apaiser ces fameuses coliques. Je vais à l'ONE chaque semaine, avec ma fille hurlante. Je cherche des solutions mais n'en trouve pas.

    Au bout d'un mois, et après une énième nuit blanche où nous nous sommes relayés, mon mari et moi, à tenter de faire taire les hurlements de notre fille en faisant des tours en voiture, je craque. Je ne parviens plus à rester seule toute la journée avec ma fille, que même le sein ne fait plus taire.

    Je cherche sur internet, encore et encore, afin de trouver une solution miracle contre les coliques. Et voilà que je tombe sur ces trois initiales : RGO.

    Bébé qui ravale constamment, qui pleure beaucoup, qui se réveille en hurlant la nuit comme le jour, qui dort peu, qu'on ne peut poser, bébé qui s'étrangle, qui fait des bulles, qui fait des fausses routes, a le hoquet régulièrement, n'accepte que les bras... Tout correspond. 

    Une lueur d'espoir apparaît : ma fille souffre d'un reflux interne. Et des solutions existent.

    Je prends donc (encore) rdv chez notre pédiatre et pose mon diagnostique. Au vu des symptômes et de mon état de fatigue déplorable, il ne peut que confirmer. Il nous prescrit alors un IPP, traitement supposé inhiber l'acidité produit par l'estomac ainsi que du Gaviscon, le tout en nous rassurant : l'état de ma fille devrait rapidement s'améliorer, tout comme nos nuits.

    Enfin soulagée, revigorée, je rentre chez moi avec ma fille hurlante et commence le traitement. Une dizaine de jours passe et l'état de ma fille ne s'améliore pas, ou très peu. 

    Le sein, le contact, la succion cependant fait taire ses hurlements.

    Je passe donc mes journées, et mes nuits, avec ma fille au sein. 

    Je patiente encore, puis nous changeons de traitement (un autre IPP). J'emmène ma fille chez un ostéopathe. J'élimine de mon alimentation tous les aliments acides.

    A chaque tentative, je reprends espoir : ça va marcher. Les choses vont forcément finir par s'améliorer. Et chaque nouveau traitement est un échec.

    Je perds des forces. Voilà plus d'un mois que je porte ma fille non stop, que je ne dors quasiment pas, ou par tranche de 20 minutes, avec ma fille dans les bras, en position semi-assise dans mon lit.

    Je pleure beaucoup. La privation de sommeil est une torture. Mais je continue. Je dois tenir le coup. Pour ma fille. Elle a besoin de moi et de l'allaitement pour se soulager.

    Notre pédiatre nous oriente vers un gastro-entérologue, qui nous donne encore quelques conseils pour que l'IPP soit plus efficace (nous sommes à la dose maximale).

    Parallèlement, grâce à mes lectures, je débute un régime sans protéines de lait de vache. Si les IPP ne fonctionnent pas, le reflux est forcément d'origine allergique.

    J'élimine le beurre, la crème, les produits laitiers, les produits industriels.

    Une dizaine de jours après, toujours pas d'amélioration. Je commence alors à éliminer les produits allergisants secondaires : chèvres, boeuf, brebis, soja, gluten, fruits à coques, en plus des aliments acides.

    Je perds du poids. Beaucoup. 

    Couplé au manque de sommeil, ce régime me vide de mes dernières forces.

    Je pleure, chaque jour, sur mon canapé. De ne plus pouvoir manger, de ne plus pouvoir dormir, de ne plus pouvoir ne serait-ce qu'aller au toilette la journée. Je ne peux plus rien faire, sauf de regarder ma fille souffrir dans mes bras.

    On me conseille de passer au lait artificiel afin de me soulager un peu. Je refuse. Le sein me sauve. C'est la seule chose qui semble l'apaiser, ou du moins, qui ne la fasse pas hurler.

    Il me sauve, mais me rend également indispensable. Dès qu'elle n'est pas au sein, ma fille hurle. Mon mari prend le relais pour que je puisse me doucher et manger un peu, le soir, quand il rentre du travail. Mais ces quelques minutes sont invivables, aussi bien pour lui que pour moi, car notre fille hurle à s'en étouffer.

    Je n'ai plus de vie. Je perds pied. La privation de sommeil me rend hypersensible, me fait perdre mes mots, et la mémoire.

    J'essaie l'écharpe de portage pour me libérer les bras et pouvoir manger quand je suis seule. Mais le temps de faire les noeuds, je dois poser ma fille qui se remet alors à hurler, et qui ne se calme pas une fois dans l'écharpe.

    Je me sens condamnée, emprisonnée, je ne vois plus le bout du tunnel.

    J'en suis alors à plus de trois semaines de régime strict. Ma fille a deux mois. Ce qui me sauve : mon mari qui me fait à manger et me donne même parfois à manger à la fourchette car je dois maintenir ma fille au sein pour que l'on puisse échanger quelques mots. Ma maman vient régulièrement me voir et s'occupe d'entretenir notre appartement, de faire des lessives, de nettoyer. J'aurais tout donné, à ce moment là pour pouvoir faire la vaisselle moi-même, pour échanger les rôles.

    Mais ni ma maman, ni mon mari, ni personne, ne pouvait me remplacer auprès de ma fille.

    Alors, j'ai continué, encore et encore, jour après jour. Je connaissais parfaitement le déroulement de la journée en la débutant. Je savais qu'une fois réveillée, ma fille allait rester calme quelques minutes. Pratiquement les seules de la journée. A peine l'oeil ouvert, je courrais donc au toilette, puis allait la changer et la posait dans son transat surélevé pour préparer son médicament que je lui donnais aussitôt. Je n'avais que quelques minutes avant les prochains hurlements. Et pourtant, pour que le médicament fasse effet, je devais l'empêcher de boire pendant les 30 minutes suivant la prise. Il fallait donc que je tienne, au moins une demi-heure. Elle hurlait, je la prenais dans mes bras, je marchais, marchais encore, souvent en pleurant, regardant l'heure chaque minute. Et puis, au bout de 30 minutes, je m'asseyais dans mon canapé et la mettais au sein, faisant ainsi cesser ses hurlements. Et nous restions ainsi jusqu'à ce que ses yeux se ferment pour quelques minutes, durant lesquelles je pleurais et pleurais encore.

    Qu'avais-je fais pour "mériter" ça ? Pourquoi moi ? Pourquoi elle ? Comment m'en sortir ? Vers qui me tourner ?

    Mes proches sont démunis. Autant que moi, devant ce bébé si beau, si attendu, mais que rien ne calme.

    Le soir venu, je me couche vers 19h, avec ma fille dans les bras, en position semi assise, dans mon lit. Lorsqu'elle s'endort, je cherche une position plus confortable pour tenter de dormir moi aussi. Mais le moindre mouvement, le moindre bruit la réveille. Elle dort 30 minutes, parfois 1 heure. Se réveille en hurlant, grimace en s'endormant.

    Je tiens ce rythme encore pendant quelques semaines. Et alors que ma fille à 2 mois et demi, et que mon mari a dû partir en voyage d'affaire pour quelques jours, je craque.

    Je me rends aux urgences avec ma fille. Ils doivent nous aider. Je ne fais plus que 38 kilos. Je n'ai pas dormi plus de 2 heures d'affilée depuis sa naissance. Je ne tiens plus debout.

    Devant les crises douloureuses de ma fille, je suis heureusement prise au sérieux. Elle sera hospitalisée durant 10 jours, durant lesquels je reste avec elle 24 heures sur 24, et au cours desquels elle subira toute une série d'examens invasifs que je culpabilise de lui faire subir.

    La PH métrie confirme son reflux, mais, paradoxalement, les médecins décident de diminuer la dose d'IPP. Le reflux n'est pas suffisamment important pour provoquer de pareilles crises d'hurlements. Alors ils continuent à chercher : gastroscopie, échographies, IRM sous anesthésie générale. Tout y passe. Et rien est trouvé. Tout est physiologiquement parfaitement normal.

    Je suis démoralisée. Encore plus, si possible.

    Mais, bizarrement, au sein même de l'hôpital, les crises semblent s'espacer un peu. Au lieu d'avoir 3 minutes de calme après une mise au sein, il y en a 10, puis 15, puis 20. J'ai droit à mes premiers sourires et aux premiers areuh. Le régime sans plv ferait-il enfin de l'effet ?

     Ma fille grandit. Ma fille s'éveille. Et moi, malgré tout, je m'émerveille.

    Nous rentrons de l'hôpital donc, pas beaucoup plus avancé qu'auparavant, si ce n'est que nous sommes rassuré, le Chéri et moi, quant à l'absence de malformations physiques qui pourraient expliquer ses crises.

    Durant les semaines qui suivent, les crises continuent à s'espacer un peu. Mais sont toujours présentes. Malgré tout, je revis un petit peu. Lors de ces moments de calme, mon mari la prend dans ses bras, me permettant de m'asseoir et de souffler un peu.

    Le temps qu'elle passe au sein diminue lui aussi, même si cela reste la seule chose qui la calme lorsqu'une crise débute.

    Je réessaie certaines choses qui avait échouées jusqu'alors, et qui, petit à petit, fonctionnent. Elle accepte peu à peu la tétine et parvient à s'endormir en porte-bébé. Or de question de m'arrêter de marcher cependant, une fois dedans. Mais c'est déjà mieux que rien : je retrouve mes bras, même si mon dos lui en souffre.

    J'apprends à connaître ma fille, à repérer les signes de fatigue qui, étrangement, se manifestent de la même manière que les crises de reflux. Je comprends alors que ma fille est épuisée, elle aussi, par tout cela. Mais qu'elle ne parvient pas à trouver le sommeil sans le sein.

    A 4 mois, nous débutons la diversification. Elle accepte avec plaisir les panades. Je suis soulagée. Son reflux aussi. Elle ne s'étrangle plus. Elle ne ravale plus. Elle ne grimace plus.

    Aurions-nous réussi à vaincre le RGO ?

    Je ne prends pas de risque et continue mon régime et l'allaitement. J'ai tellement peur d'un retour en arrière.

    Les choses sont encore loin d'être roses, mais elles sont déjà un peu plus vivables. Je m'en contente.

     

    Aujourd'hui, à bientôt 5 mois, je peux dire que son reflux est maîtrisé.

    Ma fille est hyper tonique. Elle a toujours un petit gabarit, mais suit sa courbe de poids. Elle se retourne sur le ventre et mange comme 4.

    Ses problèmes de sommeil (et donc les miens) sont toujours bien présents : elle ne parvient à s'endormir qu'au sein ou en porte-bébé et se réveille de manière anarchique chaque nuit. J'ai, parfois mais rarement, droit à deux heures de sommeil d'affilé. Elle dort toujours contre moi, seul moyen pour moi de tenir debout la journée.

    Le RGO de ma fille a hanté mes nuits et mes jours durant plus de 3 mois. Mais à l'heure d'aujourd'hui, je ne peux plus objectivement attribuer son comportement difficile au reflux.

    Ma file est un BABI : un bébé aux besoins intenses, qu'un rien frustre, qu'un rien fait hurler. Elle ne supporte ni la voiture, ni la poussette. Chaque sortie avec elle est une épreuve pour elle et pour moi.

    Je suis loin d'avoir récupéré de ces premiers mois. Je n'ai plus honte de le dire : j'ai vécu l'enfer. Un véritable cauchemar.

    Mais je suis malgré tout fière de moi : je suis debout. Je continue à répondre à ses besoins, et continuerai.

    Voilà où nous en sommes aujourd'hui.

    Et je garde confiance en l'avenir : ma fille va continuer à grandir et ainsi à pouvoir répondre peu à peu seule à ses besoins. Les choses vont s'améliorer, petit à petit.

    La patience, encore de la patience.

    Je ne peux dire qu'une chose : mon blog n'aura jamais aussi bien porté son nom.

     

     

     Voir aussi :

    RGO et vaccins

    Bébé RGO et épuisement maternel

    Bébé RGO : Des hauts et beaucoup de bas

    Scène de vie : Faire des courses avec un bébé RGO

    Mon Babi : un bébé pas comme les autres

     

     


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