• Le classeur Jean-Félix

      

     

    J'ai décidé de ne rien vous cacher, alors vous saurez tout.

    Jusqu'à la présence de cette farde créée il y a 6 mois qui encombre depuis lors mon armoire de bureau.

    Ce jour-là, j'avais décidé, en femme organisée que je suis, qu'il était temps de rassembler les premiers des nombreux (même si je ne le savais pas encore) documents relatifs à nos essais bébé.

    J'ai pris mon marqueur indélébile avec lequel j'ai nommé la farde "Jean-Félix", perforé les 2 ou 3 feuilles que j'avais alors, et les ai insérées consciencieusement dans le classeur.

    La farde Jean Félix était née.

    Depuis, les feuilles volantes s'y ajoutent, une à une, petit à petit.

    On y retrouve principalement des résultats d'examens médicaux et des factures de labo et d'hôpital sur lesquelles j'ai annoté "payé" avec la date qui y correspond (oui je suis un peu maniaque, et alors?).

    Les 2 ou 3 documents du début sont devenus dizaine, vingtaine, puis quarantaine. 

    La pile de feuilles s'épaissit, tandis que l'espoir lui s'amoindrit.

    La place restante dans le classeur diminue alors que le vide qui s'est installé à la fois dans mon cœur et dans mon ventre ne fait que croître.

    Je le rempli, semaine après semaine, en me demandant quelle sera l'issue de ce combat. En me demandant si, un beau jour, je pourrai reprendre mon marqueur indélébile pour rajouter un beau cœur en dessous de ce pseudonyme, ou si je serai contrainte d'y apposer un éternel point d'interrogation.

     

     Jean-Félix, magne-toi un peu. Ne m'oblige pas à devoir acheter un deuxième classeur!


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  • IAC 2 : Aïe!

     

     

    IAC 2 faite ce samedi 20 juin.

    Ou comment un acte supposé indolore devient une des pires douleurs jamais ressentie.

    Il faut croire que j'ai la poisse. Col de l'utérus mal positionné. Il a fallu y aller à la pince pour le tirer et le remettre dans l'axe.. En s'y reprenant à 2 fois.

    Ma chance (heureusement que j'en ai un peu, quand même) était que Monsieur Envidefraises était à mes côtés. Ma main gauche a pu broyer les siennes (tandis que ma main droite broyait déjà celle de la gentille infirmière venue me soutenir) pour supporter la douleur.

    Vous allez sans doute penser que je suis douillette. Mais je dois dire que les regards désolés du gynécologue et de l'infirmière qui me tapotait la main quand il m'a annoncé que l'intervention s'avérait plus compliquée que prévu m'ont conforté dans le fait que oui, ça allait être douloureux, et que non, ma résistance à la douleur n'était pas anormalement faible.

    Quoi qu'il en soit, une fois l'épreuve passée, quelques 20 millions de spermatozoïdes ont été injectés dans mon utérus. Comme lors de l'IAC numéro 1 (pour le récit, c'est ici), j'ai patienté sur le siège de torture une bonne dizaine de minutes. Chéri ne plaisantait pas, pour une fois. Il affichait un air contrit alors que, bien sûr, il n'y était pour rien. 

    Nous sommes rentrés, à la fois soulagés et dépités que cette nouvelle épreuve soit derrière nous.

    Je ne sais pas si c'est à cause la douleur qui a persisté toute la journée ou des saignements qui ont suivi pendant plusieurs heures, mais l'espoir de réussite de cette 2ème IAC m'a quitté.

    48 heures après, j'attends toujours qu'il revienne.

     

    Jean-Félix, j'ai fait ma part. Maintenant, c'est à toi de jouer.

     


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  • J12/19mm : je me la pète

     

     

     

    Oui aujourd'hui je me la pète grave.

    Je sentais depuis 2 jours ces douleurs typiques pré-ovulatoires qui chez moi signifie "hey je suis ton follicule et je grossis". Le tout accompagné de pertes liquides bien abondantes.

    Fort tôt par rapport à mes cycles précédents!

    Quand bien même, je prends rdv chez Mister S pour vérifier que mon corps ne me joue pas des tours.

    Que nenni! J12 et un beau follicule de 19 mm. Mature donc dans le cadre de la PMA.

    Il faut croire que mes ovaires ont voulu se faire pardonner du cycle passé.

    Tant mieux. Excuses acceptées.

    Si le TO de demain matin n'est pas positif, je déclencherai l'ovulation vendredi soir et l'insémination aura lieu samedi matin. Timing parfait.

    Si le TO de demain est positif, déclenchement demain soir, et IAC vendredi matin. Timing un peu moins parfait par rapport au boulot. Mais tant pis. On va pas se plaindre.

    Mes ovaires ont fait du bon boulot et sans me faire attendre.

    L'IAC 2, c'est pour bientôt!

     

    Edit : TO négatif ce jeudi matin. L'IAC 2 ce sera donc pour samedi!


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  • "La moitié de moi se moque de l'autre"

     

     

     

    Depuis le début de mes essais bébé, il m'est arrivé (et il m'arrive d'ailleurs de plus en plus), de me foutre de moi.

    Et parfois, je me marre toute seule, tellement certaines de mes pulsions peuvent être absurdes.

    Rire, surtout de soi-même, ça fait un bien fou, alors autant le partager. Surtout qu'il est très fort probable que je ne sois pas la seule à qui cela arrive. Et puis il vaut en mieux rire qu'en pleurer non?

    Voici une petite compile des délires, élucubrations, et autres obsessions maladives des femmes qui essaient désespérément d'avoir un bébé (et une petite dédicace à certaines copines qui se reconnaîtront happy ).

     

    En phase folliculaire

    Débuter les TO à J6 alors que tu sais pertinemment que tu n'ovuleras pas avant une bonne dizaine de jours. C'est pas grave, t'as fait ton stock. Tu as 50 tests dans ta table de nuit alors autant en profiter. Et puis on ne sait jamais que pour la première fois de ta vie tu ovules à J9 n'est-ce pas?

    Contrôler régulièrement le fond de ta culotte pour analyser tes pertes vaginales. En attendant qu'une chose : pouvoir étirer un beau glaire blanc d’œuf entre ton pouce et ton index. C'est sûr, tu ne cuisineras plus jamais une omelette de la même façon.

    Devoir te retenir de faire une remarque à ton chéri quand il pose son PC sur ses testicules. Et ce, que les résultats de son spermogramme soient pourris ou excellents. Tu as décidé de mener une campagne pour la préservation des petits poissons, et tu t'y tiens, quitte à entrer en guerre. Les soirées arrosées et les bains chauds ne seront autorisés qu'en phase lutéale, et p'is c'est tout!

    Chercher ton thermomètre à tâtons tous les matins alors même que tes yeux n'ont pas encore réussi à se décoller. Adieu le rituel du bisou matinal avec chéri. Désormais, le premier qui sera autorisé à toucher ta bouche, c'est lui (notez que je n'ai pas parlé de prise rectale).

     

    En phase ovulatoire

    Consacrer ta pause de midi à vider le peu qu'il te reste dans ton porte monnaie pour t'offrir de la lingerie sexy. Car, c'est sûr, avec cet ensemble Aubade, chéri ne pourra pas dire non ce soir.

    Pleurer comme une madeleine si, malgré ton effort vestimentaire, chéri a mal au crâne. D'ailleurs, c'est pas une excuse de fille d'habitude?

    Faire le poirier pendant 30 minutes aussitôt le rapport terminé. Et, pendant cet exercice périlleux, encourager mentalement les petits poissons que tu t'étais donné tant de mal à préserver à atteindre leur objectif (et le tiens).

     

    En phase lutéale

    Considérer chaque jour qui passe comme un DPO de plus, et non plus comme un jour de moins avant le début du week-end. L'objectif ultime étant de parvenir à atteindre 14 DPO sans devenir complètement chèvre.

    Porter des petites culottes blanches pour être sûre de ne pas passer à côté des éventuelles pertes de sang liées à une hypothétique nidation. Je le reconnais, je suis très loin dans l'obsession. Ca doit être mon côté maniaco-organisée.

    Palper sa poitrine 18 fois par jour en priant pour que cette manipulation entraîne une douleur sans équivoque.  Dis comme ça, ça fait un peu maso non? Quoi qu'il en soit, je suis devenue une professionnelle du matage de mes propres seins (heureusement qu'il ne s'agit pas de ceux des autres allez-vous me dire). 

    Sourire quand t'as la nausée. Mais tu rigoles tout de suite moins quand ton chéri se plaint lui aussi d'être barbouillé à cause du plat chinois à emporter englouti en amoureux la veille.

    Supplier ton chéri de ne pas être trop brutal quand il te fait l'amour à 7 DPO. Il serait en effet bête d'empêcher ton ovule fécondé de se nicher à l'intérieur de ta muqueuse utérine à cause d'une galipette qui te secoue un peu trop, non?

    Ne rien prévoir dans ton agenda à 14 DPO. Parce que, quelque soit le verdict, t'auras pas la tête à faire autre chose qu'à broyer du noir (si la nouvelle est mauvaise) ou à fêter ça en amoureux (si t'as la chance d'avoir un taux Hcg supérieur à 5).

    Faire un test de grossesse alors même que tes règles se sont pointées. Ben quoi, on sait jamais!

     

     

    Vous souriez? C'est parce que vous vous reconnaissez (même un petit peu). Et il ne s'agit ici que du début d'une longue liste. N'hésitez pas à la compléter!

     

     


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  • Ton Héritage

     

    Certaines chansons nous font rire, d'autres nous font pleurer. Celle-ci me fait invariablement penser à toi, mon futur bébé, mon enfant, mon Jean-Félix. Tu n'es pas encore là, présent à nos côtés, mais tu occupes déjà toute la place dans nos cœurs et dans nos pensées. Cette chanson, c'est la tienne, celle de papa, la mienne. C'est la notre (bon, et un peu celle de Benjamin Biolay).

     

    Si tu aimes les soirs de pluie
    Mon enfant, mon enfant
    Les ruelles de l'Italie
    Et les pas des passants
    L'éternelle litanie
    Des feuilles mortes dans le vent
    Qui poussent un dernier cri
    Crie mon enfant

    Si tu aimes les éclaircies
    Mon enfant, mon enfant
    Prendre un bain de minuit
    Dans le grand océan
    Si tu aimes la mauvaise vie
    Ton reflet dans l'étang
    Si tu veux tes amis
    Près de toi tout le temps

    Si tu pries quand la nuit tombe
    Mon enfant, mon enfant
    Si tu ne fleuris pas les tombes
    Mais chéris les absents
    Si tu as peur de la bombe
    Et du ciel trop grand
    Si tu parles à ton ombre
    De temps en temps

    Si tu aimes la marée basse
    Mon enfant, mon enfant
    Le soleil sur la terrasse
    Et la lune sous le vent
    Si l'on perd souvent ta trace
    Dès qu'arrive le printemps
    Si la vie te dépasse
    Passe mon enfant

    Ca n'est pas ta faute
    C'est ton héritage
    Et ce sera pire encore
    Quand tu auras mon âge
    Ca n'est pas ta faute
    C'est ta chair, ton sang
    Il va falloir faire avec
    Ou plutôt sans

    Si tu oublies les prénoms
    Les adresses et les âges
    Mais presque jamais le son
    D'une voix, un visage
    Si tu aimes ce qui est bon
    Si tu vois des mirages
    Si tu préfères Paris
    Quand vient l'orage

    Si tu aimes les goûts amers
    Et les hivers tout blanc
    Si tu aimes les derniers verres
    Et les mystères troublants
    Si tu aimes sentir la terre
    Et jaillir le volcan
    Si tu as peur du vide
    Vide mon enfant

    Ca n'est pas ta faute
    C'est ton héritage
    Et ce sera pire encore
    Quand tu auras mon âge
    Ca n'est pas ta faute
    C'est ta chair, ton sang
    Il va falloir faire avec
    Ou plutôt sans

    Si tu aimes partir avant
    Mon enfant, mon enfant
    Avant que l'autre s'éveille
    Avant qu'il te laisse en plan
    Si tu as peur du sommeil
    Et que passe le temps
    Si tu aimes l'automne vermeil
    Merveille rouge sang

    Si tu as peur de la foule
    Mais supporte les gens
    Si tes idéaux s'écroulent
    le soir de tes 20 ans
    Et si tout se déroule
    Jamais comme dans tes plans
    Si tu n'es qu'une pierre qui roule
    Roule mon enfant

    Ca n'est pas ta faute
    C'est ton héritage
    Et ce sera pire encore
    Quand tu auras mon âge
    Ca n'est pas ta faute
    C'est ta chair, ton sang
    Il va falloir faire avec
    Ou plutôt sans

    Mon enfant, mon enfant...


    Les paroles en musique, c'est ici

     


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