• Une journée en DPO

     

    Ton réveil sonne. Tu ouvres les yeux. Tu es à 6 DPO.

    Tu refais mentalement le calcul des jours passés depuis l'IAC. Juste pour être sûre. Même si en fait tu l'étais déja.

    Tu penses que ton ovule a peut-être été fécondé. Espoir.

    Tu te décides enfin à te lèver pour aller bosser. Parce qu'il le faut. Tu serais bien restée au lit.

    Tu passes 45 minutes dans les bouchons. Tu croises en chemin 3 poussettes et 2 maxi-cosi. Tu fais semblant de ne pas les avoir vus.

    Tu arrives (enfin) au bureau. Tu t'installes. Ton premier rendez-vous est dans 10 minutes. Une demande de congé parental. Evidemment.

    Tu accueilles bon gré mal gré chaleureusement la femme enceinte. Elle te semble rayonnante. Tu l'aides à remplir la paperasse. Tu lui souhaites bonne chance pour la suite. Tu l'accompagnes à la sortie et lui tiens la porte, en priant très fort pour que ton ventre soit aussi rond que le sien lorsque tu la reverras.

    Tu sens tes seins qui picotent. Espoir.

    Tu recomptes les jours depuis l'insémination. Toujours 6. Ça n'a pas changé. Bien entendu.

    Tu discutes de tout et de rien avec ta collègue. Tu n'as plus pensé "grossesse", "bébé" et "fécondation" depuis 10 minutes. Tu le réalises. Et tu te félicites intérieurement pour ces progrès. 

    Tes seins ne picotent plus. Désespoir.

    Tu t'attaques à la tonne de boulot qui t'attend. Ca t'aide (un peu) à ne pas penser.

    Tu acceptes d'accompagner 3 collègues au parc pendant ta pause déjeuner. Tu te dis que ça va te changer les idées. Tu n'as pas entamé ton sandwich que tu réalises que la femme assise sur le banc d'en face arbore un ventre rond. Ce ne sera pas pour cette fois.

    Tu vas au toilette pour vérifier le fond de ta culotte, et accessoirement faire pipi. Rien. Désespoir.

    Tu te ré attaques à la tonne de boulot. C'est décidé, tu n'y penseras plus.

    Ton téléphone sonne. C'est Mister S qui veut fixer rdv pour la prise de sang taux Hcg à 12 DPO. Raté, tu y repenses. Tu refuses poliment, comme d'habitude. Tu préfères attendre tes règles.

    Tu grimaces à la sensation d'une crampe pelvienne. Espoir.

    Tu googelise les mots-clés "crampes+ventre+6DPO". Tu retombes sur les discussions et les articles que tu as déja lu 50 fois auparavant. Tu t'en veux d'être retombée dans le piège. Tu maudis ta faiblesse d'esprit. 

    Tu termines ta journée de boulot à 18h00. Tu reprends ta voiture. Tu refais les 45 minutes de bouchon dans le sens inverse.

    Tu arrives chez toi. Tu embrasses chéri. Tu embrasses ses 2 enfants.

    Tu prépares leurs boites à tartines pour le lendemain. Tu les aides à faire leur devoir.  Tu leur souhaites une bonne nuit. Tu les embrasses.Tu t'occupes d'enfants qui ne sont pas les tiens.

    Tu penses que tu vas rester belle-mère toute ta vie. Tu envoies cette pensée déprimante au loin. Tu veux ton enfant.

    Tu passes la soirée dans les bras de chéri, à regarder une émission ridicule mais qui a le mérite de t'arracher un demi sourire..

    Tu vas te coucher, bien décidée à éviter les insomnies cette fois.

    Encore raté. Tu te retournes dans ton lit, encore et encore. Tu t'imagines dans 9 mois, avec ton nourrisson dans les bras. Tu chasses ce trop beau rêve de ton esprit. Tu repenses aux 20 millions de spermatozoïdes inséminés il y à 6 jours dans ton utérus. Tu y crois. Puis tu n'y crois plus.

    Tu finis par sombrer dans le sommeil, peuplés de rêves d'angoisse, de déception, et parfois de belles surprises.

    Tu as encore une semaine à tenir avant de pouvoir t'écrouler.

    Mais avant, il va falloir encore survivre 8 jours en DPO.

     

     

     

     


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  • C'est quand mon tour ?

     

     

    Oui vous rêvez. Non ce n'est pas à moi que ces félicitations s'adressent. Evidemment.

    C'est la troisième naissance au sein de la mini PME dans laquelle je bosse. 3 naissances en moins de 4 mois. Sur 12 employés. Vous y croyez vous? Moi j'y suis bien obligée.

    Parce que quand ta collègue traverse le couloir, entre en trombe dans ton bureau pour te balancer "On a pensé réunir une petite cagnotte pour X et la naissance de son bébé. Tu participes?", toi t'as juste envie de lui crier "J'ai plus une tune parce que je dépense toutes mes économies pour combattre mon infertilité, et toi tu veux que je débourse 25€ pour célébrer la naissance d'une crevette toute fraîche dont je ne verrai jamais la bouille?? T'es pas timbrée?"

    Bien sûr, tu es civilisée. Et, bien sûr, elle n'est pas au courant que toi tu te fais piquer les veines tous les 3 jours pour toi aussi pouvoir donner naissance à une crevette fraîche. Alors, au lieu de l'envoyer se faire voir, elle et ses bonnes intentions, tu réponds, tout sourire : "Evidemment que je participe! C'est une merveilleuse idée! Tu veux du cash ou un virement suffira?"

    Intérieurement, tu fais tes comptes, et tu te demandes déjà comment tu vas faire pour payer tes échos endo  du mois prochain.

    Intérieurement, tu jalouses ces femmes pour qui avoir un bébé n'est pas devenu un combat quotidien.

    Intérieurement, tu pleures en silence cette nouvelle naissance qui te te rappelle que la cigogne a perdu ton adresse, mais pas celle des autres.

    Mais au-dehors, tu restes forte et intouchable. Tu souris, tu félicites, tu te penches sur le berceau d'un bébé qui n'est pas le tien en ravalant tes larmes.

    Ce n'est qu'une fois rentrée chez toi, quand tu seras seule face à ton ventre vide, que tu les laisseras enfin s'échapper.

     


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  • Le classeur Jean-Félix

      

     

    J'ai décidé de ne rien vous cacher, alors vous saurez tout.

    Jusqu'à la présence de cette farde créée il y a 6 mois qui encombre depuis lors mon armoire de bureau.

    Ce jour-là, j'avais décidé, en femme organisée que je suis, qu'il était temps de rassembler les premiers des nombreux (même si je ne le savais pas encore) documents relatifs à nos essais bébé.

    J'ai pris mon marqueur indélébile avec lequel j'ai nommé la farde "Jean-Félix", perforé les 2 ou 3 feuilles que j'avais alors, et les ai insérées consciencieusement dans le classeur.

    La farde Jean Félix était née.

    Depuis, les feuilles volantes s'y ajoutent, une à une, petit à petit.

    On y retrouve principalement des résultats d'examens médicaux et des factures de labo et d'hôpital sur lesquelles j'ai annoté "payé" avec la date qui y correspond (oui je suis un peu maniaque, et alors?).

    Les 2 ou 3 documents du début sont devenus dizaine, vingtaine, puis quarantaine. 

    La pile de feuilles s'épaissit, tandis que l'espoir lui s'amoindrit.

    La place restante dans le classeur diminue alors que le vide qui s'est installé à la fois dans mon cœur et dans mon ventre ne fait que croître.

    Je le rempli, semaine après semaine, en me demandant quelle sera l'issue de ce combat. En me demandant si, un beau jour, je pourrai reprendre mon marqueur indélébile pour rajouter un beau cœur en dessous de ce pseudonyme, ou si je serai contrainte d'y apposer un éternel point d'interrogation.

     

     Jean-Félix, magne-toi un peu. Ne m'oblige pas à devoir acheter un deuxième classeur!


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  • IAC 2 : Aïe!

     

     

    IAC 2 faite ce samedi 20 juin.

    Ou comment un acte supposé indolore devient une des pires douleurs jamais ressentie.

    Il faut croire que j'ai la poisse. Col de l'utérus mal positionné. Il a fallu y aller à la pince pour le tirer et le remettre dans l'axe.. En s'y reprenant à 2 fois.

    Ma chance (heureusement que j'en ai un peu, quand même) était que Monsieur Envidefraises était à mes côtés. Ma main gauche a pu broyer les siennes (tandis que ma main droite broyait déjà celle de la gentille infirmière venue me soutenir) pour supporter la douleur.

    Vous allez sans doute penser que je suis douillette. Mais je dois dire que les regards désolés du gynécologue et de l'infirmière qui me tapotait la main quand il m'a annoncé que l'intervention s'avérait plus compliquée que prévu m'ont conforté dans le fait que oui, ça allait être douloureux, et que non, ma résistance à la douleur n'était pas anormalement faible.

    Quoi qu'il en soit, une fois l'épreuve passée, quelques 20 millions de spermatozoïdes ont été injectés dans mon utérus. Comme lors de l'IAC numéro 1 (pour le récit, c'est ici), j'ai patienté sur le siège de torture une bonne dizaine de minutes. Chéri ne plaisantait pas, pour une fois. Il affichait un air contrit alors que, bien sûr, il n'y était pour rien. 

    Nous sommes rentrés, à la fois soulagés et dépités que cette nouvelle épreuve soit derrière nous.

    Je ne sais pas si c'est à cause la douleur qui a persisté toute la journée ou des saignements qui ont suivi pendant plusieurs heures, mais l'espoir de réussite de cette 2ème IAC m'a quitté.

    48 heures après, j'attends toujours qu'il revienne.

     

    Jean-Félix, j'ai fait ma part. Maintenant, c'est à toi de jouer.

     


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  • J12/19mm : je me la pète

     

     

     

    Oui aujourd'hui je me la pète grave.

    Je sentais depuis 2 jours ces douleurs typiques pré-ovulatoires qui chez moi signifie "hey je suis ton follicule et je grossis". Le tout accompagné de pertes liquides bien abondantes.

    Fort tôt par rapport à mes cycles précédents!

    Quand bien même, je prends rdv chez Mister S pour vérifier que mon corps ne me joue pas des tours.

    Que nenni! J12 et un beau follicule de 19 mm. Mature donc dans le cadre de la PMA.

    Il faut croire que mes ovaires ont voulu se faire pardonner du cycle passé.

    Tant mieux. Excuses acceptées.

    Si le TO de demain matin n'est pas positif, je déclencherai l'ovulation vendredi soir et l'insémination aura lieu samedi matin. Timing parfait.

    Si le TO de demain est positif, déclenchement demain soir, et IAC vendredi matin. Timing un peu moins parfait par rapport au boulot. Mais tant pis. On va pas se plaindre.

    Mes ovaires ont fait du bon boulot et sans me faire attendre.

    L'IAC 2, c'est pour bientôt!

     

    Edit : TO négatif ce jeudi matin. L'IAC 2 ce sera donc pour samedi!


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