• "La moitié de moi se moque de l'autre"

     

     

     

    Depuis le début de mes essais bébé, il m'est arrivé (et il m'arrive d'ailleurs de plus en plus), de me foutre de moi.

    Et parfois, je me marre toute seule, tellement certaines de mes pulsions peuvent être absurdes.

    Rire, surtout de soi-même, ça fait un bien fou, alors autant le partager. Surtout qu'il est très fort probable que je ne sois pas la seule à qui cela arrive. Et puis il vaut en mieux rire qu'en pleurer non?

    Voici une petite compile des délires, élucubrations, et autres obsessions maladives des femmes qui essaient désespérément d'avoir un bébé (et une petite dédicace à certaines copines qui se reconnaîtront happy ).

     

    En phase folliculaire

    Débuter les TO à J6 alors que tu sais pertinemment que tu n'ovuleras pas avant une bonne dizaine de jours. C'est pas grave, t'as fait ton stock. Tu as 50 tests dans ta table de nuit alors autant en profiter. Et puis on ne sait jamais que pour la première fois de ta vie tu ovules à J9 n'est-ce pas?

    Contrôler régulièrement le fond de ta culotte pour analyser tes pertes vaginales. En attendant qu'une chose : pouvoir étirer un beau glaire blanc d’œuf entre ton pouce et ton index. C'est sûr, tu ne cuisineras plus jamais une omelette de la même façon.

    Devoir te retenir de faire une remarque à ton chéri quand il pose son PC sur ses testicules. Et ce, que les résultats de son spermogramme soient pourris ou excellents. Tu as décidé de mener une campagne pour la préservation des petits poissons, et tu t'y tiens, quitte à entrer en guerre. Les soirées arrosées et les bains chauds ne seront autorisés qu'en phase lutéale, et p'is c'est tout!

    Chercher ton thermomètre à tâtons tous les matins alors même que tes yeux n'ont pas encore réussi à se décoller. Adieu le rituel du bisou matinal avec chéri. Désormais, le premier qui sera autorisé à toucher ta bouche, c'est lui (notez que je n'ai pas parlé de prise rectale).

     

    En phase ovulatoire

    Consacrer ta pause de midi à vider le peu qu'il te reste dans ton porte monnaie pour t'offrir de la lingerie sexy. Car, c'est sûr, avec cet ensemble Aubade, chéri ne pourra pas dire non ce soir.

    Pleurer comme une madeleine si, malgré ton effort vestimentaire, chéri a mal au crâne. D'ailleurs, c'est pas une excuse de fille d'habitude?

    Faire le poirier pendant 30 minutes aussitôt le rapport terminé. Et, pendant cet exercice périlleux, encourager mentalement les petits poissons que tu t'étais donné tant de mal à préserver à atteindre leur objectif (et le tiens).

     

    En phase lutéale

    Considérer chaque jour qui passe comme un DPO de plus, et non plus comme un jour de moins avant le début du week-end. L'objectif ultime étant de parvenir à atteindre 14 DPO sans devenir complètement chèvre.

    Porter des petites culottes blanches pour être sûre de ne pas passer à côté des éventuelles pertes de sang liées à une hypothétique nidation. Je le reconnais, je suis très loin dans l'obsession. Ca doit être mon côté maniaco-organisée.

    Palper sa poitrine 18 fois par jour en priant pour que cette manipulation entraîne une douleur sans équivoque.  Dis comme ça, ça fait un peu maso non? Quoi qu'il en soit, je suis devenue une professionnelle du matage de mes propres seins (heureusement qu'il ne s'agit pas de ceux des autres allez-vous me dire). 

    Sourire quand t'as la nausée. Mais tu rigoles tout de suite moins quand ton chéri se plaint lui aussi d'être barbouillé à cause du plat chinois à emporter englouti en amoureux la veille.

    Supplier ton chéri de ne pas être trop brutal quand il te fait l'amour à 7 DPO. Il serait en effet bête d'empêcher ton ovule fécondé de se nicher à l'intérieur de ta muqueuse utérine à cause d'une galipette qui te secoue un peu trop, non?

    Ne rien prévoir dans ton agenda à 14 DPO. Parce que, quelque soit le verdict, t'auras pas la tête à faire autre chose qu'à broyer du noir (si la nouvelle est mauvaise) ou à fêter ça en amoureux (si t'as la chance d'avoir un taux Hcg supérieur à 5).

    Faire un test de grossesse alors même que tes règles se sont pointées. Ben quoi, on sait jamais!

     

     

    Vous souriez? C'est parce que vous vous reconnaissez (même un petit peu). Et il ne s'agit ici que du début d'une longue liste. N'hésitez pas à la compléter!

     

     


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  • Ton Héritage

     

    Certaines chansons nous font rire, d'autres nous font pleurer. Celle-ci me fait invariablement penser à toi, mon futur bébé, mon enfant, mon Jean-Félix. Tu n'es pas encore là, présent à nos côtés, mais tu occupes déjà toute la place dans nos cœurs et dans nos pensées. Cette chanson, c'est la tienne, celle de papa, la mienne. C'est la notre (bon, et un peu celle de Benjamin Biolay).

     

    Si tu aimes les soirs de pluie
    Mon enfant, mon enfant
    Les ruelles de l'Italie
    Et les pas des passants
    L'éternelle litanie
    Des feuilles mortes dans le vent
    Qui poussent un dernier cri
    Crie mon enfant

    Si tu aimes les éclaircies
    Mon enfant, mon enfant
    Prendre un bain de minuit
    Dans le grand océan
    Si tu aimes la mauvaise vie
    Ton reflet dans l'étang
    Si tu veux tes amis
    Près de toi tout le temps

    Si tu pries quand la nuit tombe
    Mon enfant, mon enfant
    Si tu ne fleuris pas les tombes
    Mais chéris les absents
    Si tu as peur de la bombe
    Et du ciel trop grand
    Si tu parles à ton ombre
    De temps en temps

    Si tu aimes la marée basse
    Mon enfant, mon enfant
    Le soleil sur la terrasse
    Et la lune sous le vent
    Si l'on perd souvent ta trace
    Dès qu'arrive le printemps
    Si la vie te dépasse
    Passe mon enfant

    Ca n'est pas ta faute
    C'est ton héritage
    Et ce sera pire encore
    Quand tu auras mon âge
    Ca n'est pas ta faute
    C'est ta chair, ton sang
    Il va falloir faire avec
    Ou plutôt sans

    Si tu oublies les prénoms
    Les adresses et les âges
    Mais presque jamais le son
    D'une voix, un visage
    Si tu aimes ce qui est bon
    Si tu vois des mirages
    Si tu préfères Paris
    Quand vient l'orage

    Si tu aimes les goûts amers
    Et les hivers tout blanc
    Si tu aimes les derniers verres
    Et les mystères troublants
    Si tu aimes sentir la terre
    Et jaillir le volcan
    Si tu as peur du vide
    Vide mon enfant

    Ca n'est pas ta faute
    C'est ton héritage
    Et ce sera pire encore
    Quand tu auras mon âge
    Ca n'est pas ta faute
    C'est ta chair, ton sang
    Il va falloir faire avec
    Ou plutôt sans

    Si tu aimes partir avant
    Mon enfant, mon enfant
    Avant que l'autre s'éveille
    Avant qu'il te laisse en plan
    Si tu as peur du sommeil
    Et que passe le temps
    Si tu aimes l'automne vermeil
    Merveille rouge sang

    Si tu as peur de la foule
    Mais supporte les gens
    Si tes idéaux s'écroulent
    le soir de tes 20 ans
    Et si tout se déroule
    Jamais comme dans tes plans
    Si tu n'es qu'une pierre qui roule
    Roule mon enfant

    Ca n'est pas ta faute
    C'est ton héritage
    Et ce sera pire encore
    Quand tu auras mon âge
    Ca n'est pas ta faute
    C'est ta chair, ton sang
    Il va falloir faire avec
    Ou plutôt sans

    Mon enfant, mon enfant...


    Les paroles en musique, c'est ici

     


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  • Le petit deuil

     

     

    A chaque début de cycle, lorsque les premières pertes pointent le bout de leur nez, nous passons toutes par une multitude de sentiments, de sensations, de ressentis. Au fur et à mesure de mes cycles d'essais, je me suis surprise à pouvoir associer certains d'entres-eux aux célèbres étapes du deuil.

    Je vous arrête tout de suite. Je ne suis pas en train de comparer la perte d'un être cher à l'arrivée de mes menstruations. Le deuil n'est en effet pas uniquement lié à la perte d'un proche. Il veut avant tout signifier une douleur,une séparation, une perte. Il peut être professionnel, fantasmagorique, amoureux, sentimental. Le fait est que face à cette douleur, et quelqu'en soit l'origine, nous réagissons.

    Et face à chaque nouvel échec, je réagis pour pouvoir y faire face, et pour pouvoir le surmonter. Je passe par différents sentiments qui se bousculent, s'opposent. Par différentes étapes. Les étapes de ce petit deuil. 

     

    Le choc/le déni

    Ca y est. Les premières pertes sont là, annonçant l'arrivée prochaine du sang. Au fond de moi, je sais qu'une fois encore, mon bébé ne s'est pas installé. Pourtant, un petit espoir subsiste, tout au fond de moi. Après tout, les règles anniversaires, ça existe non? Je veux nier les signes, que je connais pourtant par coeur. Je ne veux pas croire qu'une fois encore, j'ai échoué.

    Le douleur

    Plus de doute possible une fois que le sang est présent. Je constate l'échec lors de chaque passage au toilette. Je le ressens aussi, dans mon corps et dans mon coeur, à chaque minute qui passe. La douleur est intense, à chaque fois. Et avec chaque douleur, cette question qui subsiste "Qu'ai je mal fait?"

    Le colère

    Elle est forte et intense. Et elle me permet de réduire un peu la trop grande place qu'occupe la douleur. La colère est parfois telle qu'elle ne peut être gardée pour soi. Alors il m'arrive de la crier. Je crie haut et fort cette injustice. Je la gerbe parfois sur chéri, qui sait pertinemment qu'il n'y a qu'une chose à faire : attendre la prochaine étape.

    Le marchandage

    C'est l'étape où l'on se dit "si ça n'a pas marché, c'est parce que je n'ai pas fait ça". On cherche alors un moyen pour combler le manquement que l'on considère responsable de l'échec. Croyez moi, entre les vitamines, les lubrifiants miracles et les séances d'acupuncture, j'ai tout essayé. Il faut croire que rien de tout ça n'est responsable de l'absence de bébé qui grandi dans mon ventre.

    La tristesse

    Ou petite dépression du début de cycle. Elle dure, ou pas. Elle est forte, ou non. Qu'on la montre ou pas, elle est là, comme une amie fidèle qui se pointe même lorsqu'on ne veut pas d'elle.

    L'acceptation

    L'acceptation de la réalité. Du nouvel échec. De son ventre vide. Accepter que ce n'est pas encore pour cette fois. Alors, parce que tout est à recommencer, on cherche au fond de soi les ressources qu'il nous reste pour reprendre espoir. Pour oser croire que la prochaine sera peut-être la bonne. Retour à la case départ.

     

     

    Jean-Félix, je t'aurai.

     

     

     


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  • Première IAC : Premier échec

     

     

    Je vais bien.

     

    Quand Mister S (pour rappel, le meilleur gygy du monde --> voir ici ) m'a contacté pour que je vienne faire la traditionnelle pds "taux HCG" à 12 DPO, j'ai poliment refusé. Débourser 25€ pour un résultat négatif (et accessoirement un hématome), très peu pour moi. Heureusement, Mister S n'est pas à cheval sur la procédure. Et j'ai très bien fait. Faut croire que j'ai le feeling.

    Vous l'aurez bien compris, cette première insémination n'a pas porté ses fruits (ou plutôt sa petite graine).

    Les règles sont arrivées, comme prévu, à 13 DPO.

    J'attends toujours les larmes. Elles ne viennent pas.

    Peut-être parce que mes hormones sont encore hautes, d'où les traces brunes à la place du sang dans le fond de ma petite culotte.

    Peut-être parce que les traditionnels symptômes prémenstruels m'ont préparés en douceur à cet échec.

    Peut-être parce que je suis encore au bureau, et que m'effondrer ici serait difficilement explicable.

    Peut-être parce que je n'y ai jamais vraiment cru, tout simplement.

    Quoi qu'il en soit, il fait 32° dehors (et à Bruxelles, croyez-moi, ça n'arrive pas souvent), j'ai pris 2 jours de congé (bien mérité) afin de prolonger le We qui s'annonce, ce qui laissera amplement le temps à mon moral de s'effondrer, puis de remonter doucement lorsque j'écrirai mon prochain article.

     

    Comme dirait chéri : "Jean-Félix nous aura fait attendre."

     

    Aujourd'hui, je vais bien. Demain, on verra bien.

     


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  • Fille qui pleure, fille qui rit

     

     

    L'attente est interminable.

    7 DPO : des douleurs dans le bas ventre me prennent par surprise en fin de matinée. C'est samedi (youpi). J'en profite pour me vautrer sur le canapé en attendant que ça passe, tout en affichant un sourire béat (malgré la douleur) en m'imaginant mon ovule fécondé se nicher confortablement dans mon utérus. Les douleurs ressenties ne ressemblent à rien de ce que j'ai pu ressentir depuis 1 an en phase lutéale. Ce ne sont pas des douleurs de règles, c'est douloureusement indescriptible. C'est bien situé dans le centre du bas ventre. La douleur dure 1, 2, 3, 6 heures environ, puis disparaît comme elle est arrivée. Ce samedi soir, en posant ma tête sur l'oreiller pour m'endormir, je suis confiante. La nidation a peut-être eu lieu.

    8 DPO : Ou comment tous les espoirs de la veille s'évanouissent petit à petit. Plus aucune douleur dans le ventre. Par contre, de gros tiraillements au niveau du pubis. J'ai l'impression d'être remplie de bleus lorsque je touche l'endroit sensible. Ce symptôme là, je l'ai chaque mois, quelques jours avant les règles. Le sourire béat se transforme en une mini-dépression. C'est foutu.

    9 DPO : J'ai beau me palper les seins et écouter mon utérus, RAS. Le moral est un peu remonté depuis la veille, mais l'espoir est toujours au niveau - 1. Aucune douleur de règles (bonne nouvelle chez moi - j'en ai en durant  chaque phase lutéale d'habitude - et là vous allez me dire qu'elle est pas terminée cette phase - et là je vous dis que ça reste une bonne nouvelle). Le diable pessimiste qui est dans mon cerveau me dit "aucune perte rosée, tes seins sont mous, tes tiraillements sont les mêmes que d'habitude), tandis que l'ange blanc persiste avec ses "rien n'est encore perdu, 9 DPO c'est tôt pour ressentir des symptômes, garde espoir". Quelques douleurs aux ovaires vont et viennent. Rien de transcendant. 

    10 DPO : La nuit a été dure. J'ai rêvé que chéri et moi on était chez Mister S, au 13ème jour de mon prochain cycle, pour IAC 2 donc (c'est dire si mon inconscient ne croit pas du tout à la possible réussite de cette première tentative). Tandis que Mister S et chéri échangeaient des blagues à 2 balles, j'attendais impatiemment le verdict de la taille de mes follicules tout en maudissant intérieurement l'humour crapuleux des deux hommes les plus importants de ma vie à ce moment-là. Je me suis réveillée en sueur alors que Mister S m'annonçait que l'ovulation n'était pas pour bientôt puisque j'étais encore, comme le cycle passé, totalement déréglée. La suite de la journée est passée (il fallait bien) avec une douleur constante au niveau du pubis. Toujours ces tiraillements qui, depuis 3 jours, me font psychoter. Se pourrait-il qu'il s'agisse de douleurs ligamentaires liées à un début de grossesse? "Non! C'est un symptôme prémenstruel un peu précoce" me souffle le diablotin dans ma tête.  Qu'on en finisse une fois pour toute!

    11 DPO : Les douleurs au niveau du pubis ont disparues. Mais je me réveille avec des douleurs de règles, malheureusement trop bien connues par mon petit corps. Le mini espoir auquel je me raccrochais désespéramment s'envole. Il revient (un peu) lorsque je constate l'apparition de 2 veines sur ma poitrine (je vous dit pas l'organisation dont il faut faire preuve pour mater discrètement ses seins au bureau lorsqu'on porte un col roulé). Les douleurs similaires à celles précédant l'arrivée des règles viennent et repartent tout au long de la journée. Je n'attends plus que l'arrivée de la traditionnelle migraine prémenstruelle pour rendre les armes (et les larmes). 


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