• Adieu C15, bonjour C16

     

     

     

    Elle s'y trouve forcément. Cette lumière, au bout du tunnel.

    Mais je n'arrive pas encore à l’apercevoir.

    Le chemin pour y parvenir me semble long.

    Très long.

    Trop long.

    Parfois, mon esprit se laisse duper par des reflets dans l'obscurité. Il pense l'avoir atteint.

    Enfin.

    Mais la noirceur le rappelle à l'ordre.

    Elle le ramène à sa propre réalité.

    Réalité qui ne lui plait guère. Mais qui est la sienne.

    Parce que son tunnel a lui est semé d'embûches, de dédales, de tournants et d'interminables couloirs obscurs.

    Il lui faudra les affronter tous avant d'arriver à son objectif ultime.

    La clarté.

     

    Edit : Et je peux vous dire que quand je la verrai (parce que oui je la verrai!) cette putain de lumière du jour, je n'y retournerai plus jamais dans ce puits sans fin!


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  • Le manuel du Lâcher Prise

     

    Aah le lâcher-prise, cette fameuse expression tant de fois exprimée par les proches (et moins proches) des femmes en essai bébé en vue de les enfoncer encore un peu plus soutenir quand leur Jean-Félix ne vient pas.

    "Tu y penses trop", "Lâche prise et ça viendra tout seul", 'Tu te mets trop la pression", "Tu te prends trop la tête"

    Vous les connaissez, vous aussi, ces fameuses petites phrases soufflées nonchalamment à vos oreilles, supposées vous aider, mais qui n'ont que deux conséquences : vous culpabiliser et vous donner l'envie irrépressible de botter les fesses de l'auteur de ces conseils ô combien précieux.

     Et pourtant, l'infertile inexpliquée que je suis en vient parfois à se dire que prendre un peu de recul avec ses essais bébé pourrait sauver son pauvre esprit de la folie ou de la dépression. Reste à savoir comment... Parce que quand être mère devient LE projet de ta vie et que, comme moi, tu es maniaco-organisée du contrôle, balayer d'un revers de main tes essais bébé en te disant "Ca viendra quand ça viendra", ben c'est pas gagné d'avance.

    Je n 'ai donc jusqu'à présent pas trouvé la recette miracle du lâcher-prise, mais par contre, s'il y en a une qui sait comment ne pas lâcher-prise, c'est bien moi.

    Voici donc (même si ce n'est pas ce que vous espériez en lisant le titre de ce billet), les petites choses de la vie qui vous indiquent que non, vous n'avez pas lâcher-prise, et sur lesquelles il vous faudra travailler.

     

    1. Un mois n'est plus 31 jours. Un mois est un cycle. Un cycle est 2 x 14 jours (pour les plus chanceuses). Les 14 premiers jours sont des J. Les 14 derniers sont des DPO.

    2. Vos règles ne sont plus simplement un mauvais moment à passer. Elles sont synonyme d'un nouvel échec.

    3. Vous rêvez plus souvent de votre gynécologue que de votre compagnon.

    4. Vos rapports sexuels sont programmés en fonction de la consistance de votre glaire cervicale et de vos tests d'ovulation.

    5. D'ailleurs, votre salle de bain contient plus de TO et de TG que de tubes de rouge à lèvres.

    6. Vous évitez les contacts avec votre pote Michelle et votre meilleure copine Sophie car elles sont récemment acquis un statut qui vous fait défaut depuis trop longtemps.

    7. Vous faites partie de celles pour qui les initiales PMA, FIV, IAC, TO, TG et TP n'ont plus de secret.

    8. Vous scruter le fond de votre petite culotte 10 à 15 fois par jour.

    9. Vous trouvez, chaque mois, un symptôme auquel vous vous raccrochez pour garder espoir (ce mois-ci pour moi c'était une croute de sang dans le nez - ne riez pas je vous vois).

    10. Votre poitrine est devenue un objet quotidien de palpation (et non plus celui de votre compagnon).

    11. Que vous soyez athée ou bouddhiste, vous priez chaque soir très très fort pour que le Saint-Esprit soit clément avec vous cette fois-ci.

    12. Vous vous levez bébé, vous vous couchez bébé, vous mangez bébé, vous espérez bébé, vous pleurez bébé, vous dormez bébé (je continue?).

     

    En 2 mots, lâchez-prise, se résume à laisser venir, sans impatience, et sans tenter de contrôler quoi que ce soit.

    Personnellement, j'ai essayé d'y parvenir seule. Contrôler son mental pour qu'il ne contrôle plus. Un échec cuisant.

    J'ai donc décidé de me faire aider un peu.

    Et je vais de ce pas rencontrer ma nouvelle psy.

     


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  • Quand le chéri aurait mieux fait de se taire

     

    Dans la série « Le Chéri ne m’aide pas à lâcher-prise », l’épisode d’hier soir aurait pu remporter un César.

    Alors que j’étais tranquillement au lit, à moitié nue sous la couette (comme d’habitude – habitude qui soit-dit en passant ravit le mâle qui dort à mes côtés), et que je tentais de lire au Chéri le profil de la psy chez qui je m’étais décidée à prendre rdv le jour-même, le Chéri lui semblait trouver un malin plaisir à tirer la couette vers lui afin d’apercevoir un sein (oui chacun ses hobbies).

    Alors que sa main atteignait son objectif, et après que je lui ai balancé «Je te lis un truc là et toi tu t’en branles ! » (c’était le cas de le dire), le Chéri m’a regardé et m’a lancé le plus sérieusement du monde :

    « Tes seins ils sont plus durs que d’habitude »

     Interdite, je suis restée bouche bée pendant 4 secondes, puis lui ai répondu, avec un air qui se voulait nonchalant (mais qui ne l’était pas) : « Ah bon ? C’est sans doute parce que les règles vont débarquer dans 3 jours. »

    Après un "Ah" qui signifiait qu'il n'était qu'à moitié convaincu, il s’est retourné, et s’est endormi en 8 secondes 47.

    2 heures plus tard, je me retournais encore dans mon lit en palpant ma poitrine pour la 2.579ème fois, laissant l’espoir que j’allais peut-être enfin devenir maman m’envahir (et m’empêchant ainsi de trouver le sommeil).

    Au réveil, ma poitrine était flasque. Je me suis fustigée d’y avoir cru. Puis j’ai relevé la tête et me suis forcée à sortir du lit pour affronter ma journée de femme infertile.

    C’est décidé, ce soir, je mets un pyjama.

     


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  • Compte à rebours

     

     

    Rassurez-vous, je ne suis pas en train de fêter la Saint-Sylvestre avant l'heure. Je ne suis pas à ce point perturbée (quoi que).

     

    Non. J'ai juste réalisé une chose.

    En 2016, ma nonna (comprenez grand-mère, y a des italiens du côté paternel) fêtera ses 90 ans.

    En 2016, mon père (son fils, suivez bon Dieu) fêtera ses 60 ans.

    En 2016, je fêterai mes 30 ans.

     

    Vous voyez pas où je veux en venir ?

    Moi si.

     

    Jean-Félix, c'est à toi que je m'adresse. Sans vouloir te foutre la pression, il te reste encore exactement 8 mois et 5 jours pour ne pas briser cette tradition familiale qui consiste à avoir un enfant à 30 ans (même pas fait exprès en plus, j'vous assure). Quand tu auras 30 ans, tu feras ce que tu veux de tes gamètes sexuelles. Tu les utiliseras, ou pas, je m'en tamponne le coquillard. Mais à l'heure actuelle, il est grand temps que tu rencontres mon utérus avant qu'il n'ait passé le stade critique de la trentaine. Un peu de respect pour la lignée que Diable!

     

    N.B : 2016, c'est aussi l'année où le Chéri fêtera ses 40 ans. Je veux pas dire, mais si il veut pouvoir profiter longtemps de la présence de son paternel en chair et en os, il est vraiment temps qu'il se pointe le Jean-Félix.


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  • La belle-mère infertile

     

    Je l'ai évoqué à quelques reprises sur ce blog, mais j'ai la chance (ne voyez aucune ironie dans ce mot - ou alors juste un peu) de partager ma vie (et ma salle de bain/mon maquillage/mon frigo/ma machine à laver/et j'en passe) avec 2 adorables petites filles (qui, au cas où vous n'aurez rien suivi, ne sont pas les miennes, mais celles de Monsieur chéri).

    Cela fait donc plus de 2 ans maintenant que j'ai acquis le statut de belle-mère (Dieu que je hais ce terme).

    Devenir belle-mère à 26 ans, avant d'être soi-même maman, je peux vous affirmer que ce n'est pas aussi facile que ça en a l'air (d'ailleurs, après réflexion, ça n'en a pas l'air, et ce n'est pas pour rien).

    Tu tombes amoureuse d'un homme. Sur papier, il est parfait : beau, charmant, intelligent, riche (ah non tout compte fait). Bref, tu te vois aisément passer le restant de tes jours à ses côtés. C'était sans compter les 2 graines qu'il a semé dans un utérus qui n'est pas le tien quelques années avant de te rencontrer.

    Parce que oui, que tu le veuilles ou non (et même si tu pries très très fort), l'homme qui te fait rêver n'est pas solo, mais trio. Il faut prendre le package, ou alors rien du tout.

    Tu vis donc ta vie d'amoureuse transie en tête à tête avec l'homme de ta vie une semaine sur deux. Et l'autre semaine, bah, tu tentes de survivre.

    Après des hauts et (moultes) bas, tu finis par accepter la présence quotidienne de ces 2 coquines princesses, et même à l'apprécier. 

    Tu prends plaisir à leur peindre les ongles de pieds avec ton vernis Dior à 28€.

    Tu veilles à remplir tes armoires d'Haribo et autres crasses dont tu elles raffolent.

    Tu ressens des papillons dans ta poitrine quand elles te présentent fièrement à leurs copines à la sortie de l'école ("elle c'est ma belle-mère, elle est jolie hein?" - la vérité sort toujours de la bouche des enfants c'est bien connu).

    Tu ne ressens plus la pointe de jalousie qui te titillait quand les mains/genoux/bras/épaules de ton chéri te sont inaccessibles pour cause de relation fusionnelle gluante entre père/filles.  

    Bref, avec le temps, on s'habitue les une aux autres, on s'accepte, on se respecte, et même on s'estime. Je n'irais pas jusqu'à dire que le trio est devenu quatuor, mais il m'arrive de regretter leur présence quand elles sont passées du côté obscur de la force chez leur mère.

    Alors que tu es enfin parvenue à trouver un semblant d'équilibre et de petits bonheurs dans cette nouvelle vie de famille recomposée, tu te décides à l'agrandir, et à passer du statut unique de "belle-mère" au statut double de "belle-mère ET mère".

    Mais quand ce beau projet, qui va enfin te permettre d'avoir la première place dans le cœur d'un enfant - le tien, devient une incertitude, quand tu crains que le mot "mère" ne puisse jamais s'adresser à toi autrement que précédé d'un adjectif qualificatif féminin singulier, alors, à ce moment-là, le semblant d'équilibre auquel tu avais mis tant de temps à parvenir, redevient bancal.

    Parce qu'être une femme infertile, c'est une injustice.

    Mais être une belle-mère infertile, c'est une injustice qui te revient à la gueule une semaine sur deux.

    C'est voir dans les yeux de ces enfants ta propre incapacité à porter la vie.

    C'est un rappel constant qu'avec une autre, il a réussi (2 fois), mais qu'avec toi, ça ne fonctionne pas (même 1 fois).

    C'est se demander si tu vas pouvoir supporter toute ta vie de voir les gènes de ton mari (et de son ex fertile) se disputer dans ton canapé pour choper la télécommande sans que tes gènes à toi puissent participer au combat.

    C'est se demander si tu vas pouvoir continuer à accepter et apprécier leur présence si tu n'arrives pas à leur donner un petit frère ou une petite sœur.

    C'est une profonde remise en question.

    Et c'est douloureux.

    Mais en femme pas maman/pas fertile/mais wonderwomen, tu continues à faire mine de rien quand tu les vois débarquer en trombe dans ta petite vie bien rangée le mercredi soir.

    Et quand elles te demandent, la bouche en coeur et les yeux pétillants d'espoir, si un jour, comme leur maman, tu auras un gros ventre avec un bébé dedans, tu leur réponds (le sourire aux lèvres et le coeur bousillé) :

    " Un jour, peut-être".

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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