• Quand le chéri aurait mieux fait de se taire

     

    Dans la série « Le Chéri ne m’aide pas à lâcher-prise », l’épisode d’hier soir aurait pu remporter un César.

    Alors que j’étais tranquillement au lit, à moitié nue sous la couette (comme d’habitude – habitude qui soit-dit en passant ravit le mâle qui dort à mes côtés), et que je tentais de lire au Chéri le profil de la psy chez qui je m’étais décidée à prendre rdv le jour-même, le Chéri lui semblait trouver un malin plaisir à tirer la couette vers lui afin d’apercevoir un sein (oui chacun ses hobbies).

    Alors que sa main atteignait son objectif, et après que je lui ai balancé «Je te lis un truc là et toi tu t’en branles ! » (c’était le cas de le dire), le Chéri m’a regardé et m’a lancé le plus sérieusement du monde :

    « Tes seins ils sont plus durs que d’habitude »

     Interdite, je suis restée bouche bée pendant 4 secondes, puis lui ai répondu, avec un air qui se voulait nonchalant (mais qui ne l’était pas) : « Ah bon ? C’est sans doute parce que les règles vont débarquer dans 3 jours. »

    Après un "Ah" qui signifiait qu'il n'était qu'à moitié convaincu, il s’est retourné, et s’est endormi en 8 secondes 47.

    2 heures plus tard, je me retournais encore dans mon lit en palpant ma poitrine pour la 2.579ème fois, laissant l’espoir que j’allais peut-être enfin devenir maman m’envahir (et m’empêchant ainsi de trouver le sommeil).

    Au réveil, ma poitrine était flasque. Je me suis fustigée d’y avoir cru. Puis j’ai relevé la tête et me suis forcée à sortir du lit pour affronter ma journée de femme infertile.

    C’est décidé, ce soir, je mets un pyjama.

     


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  • Compte à rebours

     

     

    Rassurez-vous, je ne suis pas en train de fêter la Saint-Sylvestre avant l'heure. Je ne suis pas à ce point perturbée (quoi que).

     

    Non. J'ai juste réalisé une chose.

    En 2016, ma nonna (comprenez grand-mère, y a des italiens du côté paternel) fêtera ses 90 ans.

    En 2016, mon père (son fils, suivez bon Dieu) fêtera ses 60 ans.

    En 2016, je fêterai mes 30 ans.

     

    Vous voyez pas où je veux en venir ?

    Moi si.

     

    Jean-Félix, c'est à toi que je m'adresse. Sans vouloir te foutre la pression, il te reste encore exactement 8 mois et 5 jours pour ne pas briser cette tradition familiale qui consiste à avoir un enfant à 30 ans (même pas fait exprès en plus, j'vous assure). Quand tu auras 30 ans, tu feras ce que tu veux de tes gamètes sexuelles. Tu les utiliseras, ou pas, je m'en tamponne le coquillard. Mais à l'heure actuelle, il est grand temps que tu rencontres mon utérus avant qu'il n'ait passé le stade critique de la trentaine. Un peu de respect pour la lignée que Diable!

     

    N.B : 2016, c'est aussi l'année où le Chéri fêtera ses 40 ans. Je veux pas dire, mais si il veut pouvoir profiter longtemps de la présence de son paternel en chair et en os, il est vraiment temps qu'il se pointe le Jean-Félix.


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  • La belle-mère infertile

     

    Je l'ai évoqué à quelques reprises sur ce blog, mais j'ai la chance (ne voyez aucune ironie dans ce mot - ou alors juste un peu) de partager ma vie (et ma salle de bain/mon maquillage/mon frigo/ma machine à laver/et j'en passe) avec 2 adorables petites filles (qui, au cas où vous n'aurez rien suivi, ne sont pas les miennes, mais celles de Monsieur chéri).

    Cela fait donc plus de 2 ans maintenant que j'ai acquis le statut de belle-mère (Dieu que je hais ce terme).

    Devenir belle-mère à 26 ans, avant d'être soi-même maman, je peux vous affirmer que ce n'est pas aussi facile que ça en a l'air (d'ailleurs, après réflexion, ça n'en a pas l'air, et ce n'est pas pour rien).

    Tu tombes amoureuse d'un homme. Sur papier, il est parfait : beau, charmant, intelligent, riche (ah non tout compte fait). Bref, tu te vois aisément passer le restant de tes jours à ses côtés. C'était sans compter les 2 graines qu'il a semé dans un utérus qui n'est pas le tien quelques années avant de te rencontrer.

    Parce que oui, que tu le veuilles ou non (et même si tu pries très très fort), l'homme qui te fait rêver n'est pas solo, mais trio. Il faut prendre le package, ou alors rien du tout.

    Tu vis donc ta vie d'amoureuse transie en tête à tête avec l'homme de ta vie une semaine sur deux. Et l'autre semaine, bah, tu tentes de survivre.

    Après des hauts et (moultes) bas, tu finis par accepter la présence quotidienne de ces 2 coquines princesses, et même à l'apprécier. 

    Tu prends plaisir à leur peindre les ongles de pieds avec ton vernis Dior à 28€.

    Tu veilles à remplir tes armoires d'Haribo et autres crasses dont tu elles raffolent.

    Tu ressens des papillons dans ta poitrine quand elles te présentent fièrement à leurs copines à la sortie de l'école ("elle c'est ma belle-mère, elle est jolie hein?" - la vérité sort toujours de la bouche des enfants c'est bien connu).

    Tu ne ressens plus la pointe de jalousie qui te titillait quand les mains/genoux/bras/épaules de ton chéri te sont inaccessibles pour cause de relation fusionnelle gluante entre père/filles.  

    Bref, avec le temps, on s'habitue les une aux autres, on s'accepte, on se respecte, et même on s'estime. Je n'irais pas jusqu'à dire que le trio est devenu quatuor, mais il m'arrive de regretter leur présence quand elles sont passées du côté obscur de la force chez leur mère.

    Alors que tu es enfin parvenue à trouver un semblant d'équilibre et de petits bonheurs dans cette nouvelle vie de famille recomposée, tu te décides à l'agrandir, et à passer du statut unique de "belle-mère" au statut double de "belle-mère ET mère".

    Mais quand ce beau projet, qui va enfin te permettre d'avoir la première place dans le cœur d'un enfant - le tien, devient une incertitude, quand tu crains que le mot "mère" ne puisse jamais s'adresser à toi autrement que précédé d'un adjectif qualificatif féminin singulier, alors, à ce moment-là, le semblant d'équilibre auquel tu avais mis tant de temps à parvenir, redevient bancal.

    Parce qu'être une femme infertile, c'est une injustice.

    Mais être une belle-mère infertile, c'est une injustice qui te revient à la gueule une semaine sur deux.

    C'est voir dans les yeux de ces enfants ta propre incapacité à porter la vie.

    C'est un rappel constant qu'avec une autre, il a réussi (2 fois), mais qu'avec toi, ça ne fonctionne pas (même 1 fois).

    C'est se demander si tu vas pouvoir supporter toute ta vie de voir les gènes de ton mari (et de son ex fertile) se disputer dans ton canapé pour choper la télécommande sans que tes gènes à toi puissent participer au combat.

    C'est se demander si tu vas pouvoir continuer à accepter et apprécier leur présence si tu n'arrives pas à leur donner un petit frère ou une petite sœur.

    C'est une profonde remise en question.

    Et c'est douloureux.

    Mais en femme pas maman/pas fertile/mais wonderwomen, tu continues à faire mine de rien quand tu les vois débarquer en trombe dans ta petite vie bien rangée le mercredi soir.

    Et quand elles te demandent, la bouche en coeur et les yeux pétillants d'espoir, si un jour, comme leur maman, tu auras un gros ventre avec un bébé dedans, tu leur réponds (le sourire aux lèvres et le coeur bousillé) :

    " Un jour, peut-être".

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Etat des lieux

     

     

    Il y a quelques jours, au début du C15, j'avais décidé de laisser Jean-Félix au placard pendant 2 mois histoire de ne pas tomber en dépression profonde. Revivre, penser à moi, au chéri, au chat, au boulot, bref à tout sauf aux essais bébé infructueux.

    L'idée était bonne. La motivation y était. Restait plus qu'à mettre la bonne résolution en application.

    Si je fais le bilan (et je n'en suis qu'à la moitié de mon premier cycle d'essai du lâcher prise - petit bilan donc), je dois dire que je ne m'en tire pas (trop) mal. Il faut dire que je sors quand même de 14 cycles de larmes, de TO, de TG précoces, d'examens à tout va, d'IAC et de grosses déceptions. Il n'en fallait donc pas trop pour pouvoir conclure à un mieux.

    C15 donc. J 15 aujourd'hui. J'arrive à la fin de la phase folliculaire. Oui je compte encore. Je n'arrive pas à faire autrement.

    Lâcher prise 0 - 1 Jean-Félix

    Il faut dire, sans vouloir me trouver d'excuse, que j'ai la (mal)chance d'avoir un petit corps mais de très grands symptômes pré-ovulatoires. A J10 déja, la machine se met en route. Je sens le follicule grossir (si si je vous assure!) et grâce aux multi-observations échographiques de mes ovaires auxquelles j'ai eu l'honneur d'assister (oui faut suivre!), je suis capable d'estimer la taille de mon follicule en me basant simplement sur les sensations et signaux corporels.

    Ainsi, à J15, j'ai le fond de la culotte trempée et une sensation de tension et de lourdeur dans l'ovaire gauche. L'ovulation est imminente. Et même si me tête ne veut pas le savoir, mon corps lui se charge de lui rappeler.

    Lâchez prise 0 - 2 Jean-Félix

    Pourtant, ces deux dernières semaines, je me suis surprise, non pas à moins y penser, mais à y penser différemment. Bon, il est clair qu'il faudra en reparler en phase lutéale (car en folliculaire, l'espoir est encore de mise, et l'humeur s'en ressent). Mais quand je pense à Jean-Félix, je ne ressens plus cette vague de désespoir profond qui m'envahissait jusqu'alors. Il est un projet. Un beau projet. Mais sur lequel j'accepte pour le moment de n'avoir aucune prise, aucun contrôle. Et ça, je dois dire, que c'est un gros progrès pour moi, la maniaque du contrôle.

    Lâchez prise 1 - 2 Jean-Félix

    Il y a 2 jours, le nouveau papa collègue dont je vous parlais ici est arrivé avec une tête de déterré style :

     

    Etat des lieux

     

     

    Son fils a 10 jours, et ne dort pas la nuit m'explique t-il. Ca devient dur. Et bien figurez-vous que ma première pensée n'a pas été "bien fait pour ta g....!" ou bien "bordel ce que j'aimerais faire des nuits blanches pour la même raison moi aussi"... Non. je l'ai plains. Sincèrement. Et pour la peine, je lui ai conseillé d'investir dans un Cocoonbaby. Il parait que c'est miraculeux dixit moi (notez au passage que c'est la fille infertile sans enfant qui parle sans expérience aucune). Oui, j'ai donné mes bons plans de femme qui attend depuis tellement longtemps d'être enceinte qu'elle a déjà fait sa liste du matos indispensable pour son futur bébé.

    Lâchez prise 2 - 2 Jean-Félix

     

    Bilan mitigé donc. Mais positif quand même.

    Il ne reste plus qu'à en faire de même en phase lutéale... Et ça les amis, ça va être une autre paire de manches!

     


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  • Caliméro

     

     

    Je me suis lancée dans l'écriture de ce blog il y a maintenant quelques semaines. Je réalise maintenant que j'avais besoin d'hurler en silence le poids, l'incertitude et l'injustice que je ressentais ressens face à l'arrivée de mes règles, chaque mois, depuis le début de nos essais bébé.

    Je n'avais jusqu'alors parcouru qu'un ou deux blogs traitant de la PMA et de l'infertilité. Depuis, je me suis intéressée au parcours d'autres femmes (et hommes d'ailleurs) dont l'incapacité à procréer nécessite un exutoire et le soutien qu'un blog peut apporter.

    En lisant leur difficultés et leurs parcours, personnels et singuliers, j'ai également réalisé que mon histoire, aussi difficile à vivre soit elle pour moi, ne me donnait pas ou très peu (en tout cas jusqu'au jour d'aujourd'hui) de raison de me plaindre.

    Non, je ne suis pas OPK. Non je ne suis pas ménopausée à 28 ans. Non mon mari n'a pas (que) des spermatozoïdes a trois têtes. Et non je n'ai jamais dû vivre une fausse couche.

    Je ne suis "qu'à" mon 15ème cycle d'essai. J'ai une réserve ovarienne exceptionnelle. J'ovule chaque mois. Mon mari a des testicules remplies de poissons de qualité. Mon utérus n'est pas biscornu et mes trompes sont largement praticables.

    Je prends donc conscience que je suis loin d'être dans la pire des situations. Et je demande pardon aux lectrices d'aujourd'hui et de demain qui tomberaient sur ce blog, si mes articles peuvent parfois suinter l'amertume et la morosité. Sans raison valable penseront peut-être certaines. 

    Je n'ai en effet, et jusqu'à preuve du contraire, pas d'anormalité physique m'empêchant de concevoir et de porter un bébé. Et sur ce point, je n'ai en effet aucune raison de me plaindre. Je suis consciente qu'il s'agit d'une véritable chance et je remercie tous les jours le ciel la vie de m'avoir fourni un matériel reproducteur dans les normes.

    Malgré tout, je ressens le besoin d'exprimer cette attente, et surtout cette incertitude quant à mon avenir.

    Car je suis (déjà) dans la catégorie des femmes en "infertilité inexpliquée".

    Ce qui ne signifie pas qu'il n'y a pas de raison à l'absence de grossesse, mais que la science elle ne sait pas l'expliquer. Ce n'est certes pas pire que le reste. Mais ça ne me fournit aucune raison d'être sereine quant à une issue favorable.

    Le plus dur pour moi est de ne pas savoir. Ne pas savoir pourquoi. Ne pas savoir si ça va marcher un jour. Ne pas savoir ce qui ne va pas, et si il y a quelque chose qui ne va pas. Car ne pas pouvoir cerner le problème entraîne aussi de ne pas pouvoir trouver la solution qui convient pour le résoudre.

    Alors on tente. Sans savoir vraiment si ça va aider ou non. Les IAC, puis peut-être la FIV. Puis peut-être la FIV Isci.

    Cette incertitude me ronge. Et j'ai choisi ce blog pour l'exprimer. Mais sachez que si je me la joue Calimero de temps en temps, je pense et soutiens aussi les femmes dont l'infertilité est expliquée et dont le parcours en PMA comportent au moins autant d'incertitude que le mien.

     

     

     


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